Tout d’abord, je tiens à préciser que certaines critiques qui pourraient m’échapper, fussent-elles en filigrane, ou explicites, sont très certainement dues à des préjugés, infondés donc. J’assume, et vous avez le droit de me critiquer en retour, bien évidemment.
Le week-end dernier, je suis parti à Willaston, dans la péninsule du Wirral. Ne cherchez pas sur une carte, cette petite bourgade n’a pas d’intérêt touristique majeur. Mais pourquoi donc décidai-je un beau jour d’aller passer un week-end à Willaston ? A vrai dire, je n’ai pas choisi où j’irais exactement pour ce week-end, ni même avec qui j’allais le passer. Et je n’ai pas été déçu du voyage…
Au début du semestre, une des conférences destinées aux étudiants internationaux nous informait d’un programme intitulé Host, qui consiste à donner la possibilité à ceux qui le désirent de passer une journée, un week-end, ou les fêtes1, dans un foyer britannique. C’est gratuit, les familles sont volontaires et bénévoles, et l’Université de Manchester étant membre du programme, il n’y a pas de frais d’inscription (en gros, les étudiants britanniques ont payé pour moi). L’idée a germé au fil des semaines, puis, remarquant que les occasions de se rapprocher des vrais British étaient plutôt rares, je faisais une candidature en ligne un soir de solitude. On peut choisir entre plusieurs zones géographiques selon son budget, ainsi que la période. Je me suis limité aux comtés alentours pour ne pas flinguer encore plus le budget, et je me suis dit qu’un week-end c’était le minimum pour espérer retirer quelque-chose de cette expérience. Quelques jours plus tard, je recevais une confirmation, avec le nom de ma famille d’accueil, famille composée d’une et d’une seule personne, personne retraitée, retraitée de l’enseignement. J’étais un peu déçu, car j’aurais aimé tomber sur une famille plus nombreuse, éventuellement rencontrer des enfants, etc. Mais bon, il est retraité de l’enseignement, je ne serai pas trop dépaysé me disais-je. Pas de mail, il faut donc que je lui téléphone directement. Gloups. Non, quand même pas, mais je n’ai jamais l’occasion de téléphoner ici, et bien évidemment la communication en Anglais amputée de ses éléments non verbaux est plus ardue… Enfin, dans la semaine, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai téléphoné à John. Manque de bol, pas là, je laisse un message. Il m’a rappelé quelques jours après, m’a demandé ce que je souhaiterais faire, ce à quoi j’ai répondu que ça m’était égal, que je souhaitais juste l’accompagner dans sa vie quotidienne, discuter, etc.
- vous : « Charlie tu veux pas raccourcir un peu, à ce rythme là on y est encore demain…tu ferais mieux de mettre à profit ta propension à la prolixité dans tes 3.000-word essays ».
- moi : « Désolé ».
« Je pense que les Beatles ont fait beaucoup de mal à la jeunesse » me lance John dans ce pseudo-restaurant, The Yacht, situé au bord d’une route quelconque, genre route nationale, et qui propose une formule 2 meals for £10. Devant mon fish and chips (oui, car je n’avais jusqu’alors même pas testé ce plat typique) je ne bronche pas, je n’ai vraiment pas le cœur ni le courage à me lancer dans un débat d’idée avec lui, un vendredi soir, en Anglais. Disons que cela me laisse présager du degré de conservatisme politique de ce monsieur, même si je fais certainement des raccourcis rapides. On mange vite fait, je sens que ce week-end va être long.
Retour dans sa petite maisonnette de Willaston. Je tenais à mettre la photo, car j’adore la bibliothèque, pas pour ses livres, mais pour son déhanchement. J’imagine que ce n’est pas du chêne massif ! Et puis ça vous donne un peu l’idée de la « décoration » et de la folle ambiance qui habite les lieux. Tous les livres concernent la religion (Hope Has Wings, The Great Light, etc. pour vous donner une idée), et il y a la même bibliothèque à droite de la cheminée. Il a récemment fait don d’un demi-millier d’ouvrages à une bibliothèque. Mais le plus gros de sa collection se trouve dans le petit abri de jardin, que je n’ai pas eu l’occasion de visiter, car il commence à faire froid pour y travailler en ce moment. Car John n’est pas un directeur d’école primaire à la retraite comme je le croyais d’après sa fiche, mais un ancien professeur de théologie, à l’Université de Manchester précisément. Et même s’il est à la retraite, il semble continuer à beaucoup œuvrer dans ce domaine.
La télé ne s’allume que pour regarder les titres des news la BBC, ainsi que certains programmes historiques ou documentaires animaliers, car John « n’aime pas particulièrement les divertissements ». Bizarrement, je l’avais déjà deviné que des programmes du genre I’m a Celebrity, Get Me out of Here ne sont vraiment pas la tasse de thé de John.
Le samedi, il a fallu que je me lève tôt pour un samedi, à 8h00, car on partait visiter. Petit déjeuner avec sa super compil’ de Classic FM, et après que John a dit la prière. Ce qui est une grande première pour moi ! Puis nous voilà partis avec John, et un de ses potes – ex-collègue en fait. Heureusement d’ailleurs, à trois c’est mieux. D’ailleurs, ce monsieur a passé plus de 20 ans de sa vie en Argentine, et quelques années en Espagne. Et pour compléter ces petits clins d’œil internationaux2, John a une petite Škoda rouge, et beaucoup d’amis étudiants chinois, qui le font bosser jusqu’à pas d’heure dans sa petite piaule pour corriger l’Anglais de leurs essays… Première étape à Conwy, au nord du Pays de Galles, pour changer ! Rien d’extraordinaire, jolie petite ville, des fortifications bien conservées, mais c’est du pipi de chat par rapport à Carcassonne. Puis petit tour à travers Snowdonia, en passant d’ailleurs par le petit village où habite Laura. On s’arrête voir une petite cascade, où il faut mettre £1 dans un machin pour pouvoir passer le tourniquet…je ne sais même pas à qui va cet argent, et c'est assez déplaisant de devoir payer pour quelque-chose qui devrait être un bien public – n’en déplaise à J.-L. G. On pourra me dire que cet argent sert certainement à l’entretien du site, au nettoyage d’éventuels détritus laissés par des touristes indélicats, etc. Mais enfin, l’entretien d’une cascade, je vois pas trop en quoi ça consiste ! Bon, j’exagère un peu, il y avait une espèce de balcon aménagé…enfin, l’argent servait peut-être aussi à entretenir toute la clôture, ainsi que le tourniquet, planté là au bord de la rivière. Enfin, on s’en fout, je sais. Nos deux compères profitent de l’étape pour soulager leur vessie, dont la capacité de rétention commence à faiblir quelque peu avec l’âge. Quelques virages plus loin, arrêt pique-nique, dans la voiture car il pleuviote, pour changer. John laisse l’honneur à son copain Victor de dire la prière. J’ai trouvé le moment assez surréaliste, je vous l’avoue. Deux théologiens retraités et un étudiant égaré dans la vieille Skoda, devant leurs Tupperware, sur un parking d’un village quelconque du Pays de Galles… Surréaliste, mais en même temps j’ai trouvé que la prière était finalement assez pragmatique pour le coup. En effet, d’après ce que j’ai compris il n’y a pas de formule exactement définie pour ce genre de prière, même si ça consiste en gros à remercier le Seigneur pour ce repas, et généralement à avoir une pensée pour ceux qui n’en n’ont pas, de repas. Sauf qu’en l’occurrence, Dieu aurait pu faire ce qu’il voulait, ce n’est pas lui qui a préparé les sandwichs (beurre, fromage, tomates légèrement passées, je n’ai pas choisi les ingrédients) le matin même, mais moi-même. De là à m’identifier à Dieu, il n’y a qu’un pas que ma modestie m’impose de ne pas franchir, mais tout de même… Non, je plaisante bien sûr, ce n’est pas là que j’ai vu le pragmatisme. Mais plutôt quand Victor a profité de sa prière pour remercier Jésus de nous protéger pendant ce voyage. Et là, on peut dire que j’ai vraiment communié dans la prière, car que je sois encore en vie après cette expédition relève quasiment du miracle pour le coup. Le fait de rouler à gauche a peut-être accentué mes craintes, mais il m’a bien semblé que nous frôlions à plusieurs reprises trottoirs et autres murets, quand ce n’était pas les rétroviseurs, de l’autre côté. Quant à la ligne blanche, elle servait plutôt de guide que de délimitation entre les deux voies. En plus, il passait son temps à régler son poste sur Classic FM. Enfin, même à travers la neige (pas grosse, mais neige quand même) il ne nous est rien arrivé, ce qui m’oblige à tempérer mon scepticisme envers la religion.
D’ailleurs, en parlant de pragmatisme, ça me rappelle un souvenir d’enfance. Pour imiter ce que je savais du rite de la prière avant un repas, certainement vue dans des téléfilms américains à la noix – vraiment, l’imaginaire est malmené dans notre monde moderne – il m’arrivait de déclamer avant de passer à table, une prière du genre « Mon Dieu, faîtes que ce repas soit bon… ».
*** Pause « Pardon-aux-familles…-tout-ça » :
Désolé, j’espère ne choquer personne, mais je sais bien que, vous qui me lisez, croyants ou non, savez que je sais qu’il existe évidemment des milliers de façon de vivre sa foi, etc. Je caricature à gros traits la situation bien évidemment (enfin, je ne mens pas non plus !) et essaie d’utiliser le second degré à des fins humoristiques (avec plus ou moins de réussite, je vous le concède). Ce que je raconte sur John relève du portrait individuel, je sais très bien que ce n’est pas généralisable. Bon, j’arrête les justifications, vous avez le droit de commenter si je vous ai énervé, voire blessé, ou que sais-je encore. Ce n’est évidemment pas le but. Tout ça pour dire qu’il est délicat de gérer le contenu en fonction de l’audience – certes limitée mais diverse dans sa composition. ***
Devant la voiture, y’a un pauvre Père Noël avec son traîneau garé en double file qui bloque la circulation, avec un sono qui diffuse des airs classiques de Noël. John va donner une pièce (ou deux, j’en sais rien…) puis on repart dans notre folle expédition à travers le nord du Pays de Galles. Quoi d’autre à signaler…John et Victor discutent de la jeunesse qui va mal3, du modèle de la famille qui éclate, de la guerre en Irak et du conflit israélo-palestinien, etc. Bref, ils refont le monde comme on aime bien le refaire, un mardi soir au Mulligans par exemple. On s’arrête ensuite dans un village dont j’ai honteusement déjà oublié le nom. John en profite pour piquer un petit roupillon dans la voiture (et je trouve que c’est une sage décision), pendant que Victor, après avoir re-re-re-re-soulagé sa vessie, me fait visiter le centre-village qu’il connaît bien apparemment. Comme vous pouvez le voir sur les photos, il a beaucoup plu ces jours derniers. Et comme Victor me l’a bien expliqué, ce village abrite principalement deux types de population : l’homo turisticus que je suis à ce moment là, et le retraité Anglais plein de thunes (enfin, peut-être pas suffisamment pour venir s’installer en France, gnark gnark) qui fait, en s’installant ici, « le choix naturel pour une retraite heureuse » (cf. photo). Vingt minutes plus tard, visite terminée, et on rentre à la maison. Malheureusement pour moi, Victor décline l’invitation de John à rester dîner avec nous. Il va donc falloir manger ce foie gras et boire ce vin blanc (pas la deuxième bouteille de Sauternes maman, celle-là je la garde pour le réveillon, gnark gnark) entre quatre yeux, ce qui ne me fait pas sauter au plafond de joie. D’autant plus que, comme beaucoup d’insolents britanniques, John insultera ce foie gras spécialement commandé sur Internet de notre belle région du Sud-Ouest pour l’occasion, en osant l’appeler « pâté ». Combien de fois faudra-t-il leur répéter que ça n’a RIEN A VOIR, bon sang de bois ! Non, je plaisante, je ne leur en veux pas, j’aurais moi-même probablement un peu de mal à distinguer un bon Christmas pudding d’un Christmas pudding quelconque… Enfin, il étale ça comme un vulgaire pâté, et l’engloutit comme un vulgaire pâté, mais ça lui plaît c’est déjà pas mal. Tout ceci après avoir prié bien évidemment, et eu une pensée pour tous les enfants qui n’auront pas à manger pour Noël. J’avoue que ça ne m’a pas mis dans les meilleures conditions pour déguster ce fabuleux dîner, aux chandelles (même si c’était plutôt des grosses bougies comme celles de l’église) et avec un CD compilation des meilleures musiques de Noël sélectionnées par Classic FM, siouplé. Enfin, j’étais tout de même content de mon foie gras, car on ne peut pas dire que John soit un excellent cordon bleu. Célibataire endurci, j’imagine qu’il n’accorde pas un importance suprême à la qualité de ses repas. Et je peux comprendre, mais disons que là, on aurait dit qu’il voulait absolument que je reparte de ce week-end avec la confirmation par l’expérience du cliché de la bouffe britannique qui n’enchante pas les papilles, pour rester sobre. Au menu, « « cordons bleus » » et tomates au four natures, accompagnés de gaufres (ne me demandez pas si c’est normal, j’en sais rien) et de légumes, mais quels légumes ! Choux de Bruxelles (j’en fais déjà une cure à Owens Park) surgelés jetés dans un mini-casserole d’eau pas bouillante, dans laquelle on rajoute en vrac à peu près tout ce qu’on trouve, de la jardinière de légumes du fond du congélo aux oignons frais. Le tout agrémenté d’une sauce (gravy) en poudre (délayée, quand même). Enfin, ça restait mangeable, je n’en suis pas mort.
Sarkozy est décidément partout. Après avoir fait intrusion dans mon cours sur l’Union européenne, ainsi que dans une conférence sur le Traité constitutionnel voilà qu’il parvient à me suivre jusqu’à Willaston. En effet, la première chose que John m’a demandée après que je lui ai dit que j’étudiais la science politique (et après le haussement de sourcils, commun à toute personne qui pense que c’est si sérieux que le nom peut le laisser penser comme études4), c’est mon avis sur Nicolas. Balaise quand même d’arriver à être populaire jusqu’à Willaston, chez quelqu’un qui n’allume la télé que pour regarder les titres des infos et les docus animaliers ou historiques… Décidément une stratégie de communication très forte.
Là où John m’a encore surpris, c’est quand il m’a laissé faire la vaisselle, et pas qu’une fois en plus le bougre ! Moi, je propose un peu par politesse il faut bien le dire, mais étant donné qu’il « n’aime pas nettoyer », il a accepté avec joie ma proposition ! Et honnêtement, il a raison de ne pas se priver, je trouve ça tout à fait normal même de participer ainsi aux tâches ménagères de quelqu’un qui vous offre l’hospitalité de la sorte… D’ailleurs, si vous m’invitez, sachez que vous pouvez me demander de faire la vaisselle, je prends pas cher et ça ne me dérange pas. Ben oui, à défaut de savoir cuisiner, il faut bien que je me rattrape que quelque-chose, même si c’est un peu moins noble… Ca me changeait juste du week-end dernier, où ma moindre tentative de rincer un verre d’eau se voyait opposer un refus catégorique des parents de Laura. J’avoue que faire la vaisselle, ça a (un peu) permis de briser la glace, je me sentais moins gêné d’abuser de sa gentillesse.
Le lendemain matin, John me cueille au réveil, après une nuit où j’ai mal dormi car je me suis bien gelé (il faisait 15°C parfois, le temps que les radiateurs qui déclenchent à partir de 5 heures chauffent…), en me demandant « What do you think Christmas is all about? ». Hum… Charlie, ne perds pas la face, trouve un moyen de dissimuler ton ignorance…tu étudies la politique, mince, tu dois bien être capable de trouver une pirouette à la Ségolène ! En plus je n’ai aucune excuse car j’ai assisté à quasiment tous les cours de Mme Lacoue-Labarthe sur les religions – les derniers ayant été annulés pour cause de grève. En même temps, on a dû passer vite sur Noël, car on est en droit d’attendre d’un IEPien un minimum de bases en ce domaine. C’est dans ces moments-là que je me demande comment j’ai atterri à l’IEP, mais passons. Donc pour moi, à part la naissance du petit Jésus, le sapin, les souliers, les cadeaux et le Papa Noël qui passe par la cheminée pendant la nuit, Noël ne signifie pas grand chose. Mais John est compréhensif et ne s’offusque pas.
Le clou du dépaysement a sans surprise été la messe du dimanche matin. Grande première. Ma seule expérience en ce domaine se limite à deux mariages, et à une messe de minuit un soir de Noël à Sommières avec mon frère…d’ailleurs, je devrais pas le dire, mais si je me souviens bien on était partis avant la fin, car l’évocation de l’histoire du village pas les enfants du « caté » (j’imagine), aussi mignons soient-ils, et aussi passionnante l’histoire de Sommières soit-elle, ne réussissait pas à nous maintenir éveillés. Dans la voiture, John m’explique ce que cela veut dire pour lui d’être chrétien. Il vient de rendre visite à une personne âgée, qui a apparemment du mal à se déplacer, mais qui prépare toutes les semaines des gâteaux bénévolement, pour le profit de l’Eglise si j’ai bien compris.
Pour John, le communisme le christianisme c’est dire non à soi-même et oui aux autres, même si c’est parfois difficile. John admire cette dame car il ne l’a jamais entendu se plaindre de son état.
La messe, comment dire…j’étais assez fatigué, donc j’ai trouvé ça assez long. Heureusement y’avait un karaoké de temps en temps pour nous réveiller ! C’est moderne maintenant, faut pas croire ! En plus de la Bible et d’un autre livre de prières et de chants que l’on m’a prêté à l’entrée, les paroles des chants étaient diffusées sur un écran à partir d’un vidéoprojecteur ! Bon, il n’y avait pas le défilement pour savoir où accélérer et ou ralentir comme dans un vrai karaoké, mais tout de même, c’est pas mal ! Certains auraient payer cher pour voir ça, mais oui, j’ai chanté (un tout petit peu). Pas autant que John, qui lui se permettait des effets de voix réservés à ceux qui connaissent les paroles par cœur… enfin, « Hallelujah » ne diffère pas beaucoup du Français, donc j’essayais de me rattraper sur les refrains ! Sinon plusieurs intervenants se sont succédé, parlant de l’actualité locale, et internationale (guerre en Irak et conflit au Proche-orient principalement), interprétée à l’aune de la Bible. L’église était bien remplie, la moyenne d’âge assez élevée mais tout de même pas mal de jeunes couples avec enfants. Ces derniers ont d’ailleurs droit à leur moment réservé, au début pour qu’ils puissent partir plus tôt et arrêter de casser les oreilles de tout le monde. Là ça consistait en une petite parabole, à partir d’une comparaison entre les étapes de la vie d’une pomme et la foi en Dieu. Il y avait six dessins, représentant « la graine plantée », « arroser », « attendre », « attendre », « tailler le pommier », et « cueillir la pomme ». Les enfants volontaires avaient chacun un dessin et devaient reconstituer l’ordre de l’histoire. Et finalement, on expliquait que la Terre promise c’était la graine plantée par Dieu, et qu’il fallait beaucoup croire et attendre. Un gamin nous a tous fait rire en suggérant qu'il manquait une étape, celle du lavage de la pomme avant de la manger...et oui, les pesticides sont passés par là depuis Adam et Eve !
A la fin de la messe, je suivais John dans ses nombreuses salutations, car, évidemment, dans ce genre de villages, j’imagine que la messe est aussi un lieu très important de socialisation. Il me présentait, je disais « Nice to meet you » et serrait beaucoup de mains, et on me répondait souvent deux ou trois mots en Français…
Finalement, ce week-end fut très enrichissant ; si l’on considère que l’on apprend de nos différences, je pense que j’ai beaucoup appris ce week-end. Ce qui a fait que je me suis souvent senti gêné, souvent ennuyé aussi, ou pas à ma place, c’est tout simplement une accumulation de dissonances cognitives, ou bien un différence structurale entre nos habitus pour employer une terminologie pompeuse (ou bourdieusienne…IEP quand tu nous tiens). Loin de moi l’idée de mépriser la foi en tant que telle, bien évidemment, ce serait d'ailleurs ridicule. Je la prends même très au sérieux, et je suis tombé sur un petit papier de la forme d’une carte de visite qui m’a fait prendre conscience que c’était très sérieux pour certains. En fait, ce bout de papier qui traînait sur un meuble de ma chambre était une demande (ou requête, selon comment on traduit) de prière, assez émouvante :
A quelques mots près, une demande qui aurait pu se trouver sur le bureau d’un élu politique, non ?
1. J’ai aussi fait une candidature pour Noël, histoire de ne pas le passer à déprimer seul à Owens Park, qui se désertifie peu à peu. Et j’irai donc à Kendal, mais cette fois dans une famille, avec plusieurs gens, si si !
2. A ce propos, remarquez la petite carte du monde tout en bas de ce blog, qui montre l’origine géographique des connexions… Je suis lu de partout dans le monde, unbelievable, innit ? C’est ça l’effet 3A. Enfin je n’ai pas reconnu tout le monde, certains ont dû s’échouer ici au détour des liens tortueux du Net… Ou bien j'ai des admirateurs secrets !!!
3. Soit dit en passant, nos amis britanniques semblent avoir un réel malaise avec leur jeunesse, à tel point que le sujet des « attitudes anti-sociales » (anti-social behaviour), souvent associées aux jeunes dans les médias, a fait l’objet d’une séance complète dans notre cours de Social Problems and Social Policy.
4. Il y’en a d’autres qui ne se laissent pas impressionner (et ils ont raison, y’a vraiment pas de quoi…) et qui te demandent : « Politique internationale ? Comparée ? … ». S’en suit un heu… (ou er… en VO), puis une tentative d’explication de ce que sont les études à l’IEP, un grand fourre-tout (dont je me satisfais entièrement, rassurez-vous).
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