Dimanche 24 septembre 2006

C’est vraiment génial Google Earth© ! J’ai trouvé là où j’habitais, très exactement…Vous voyez « ici », c’est là que j’habite. Au nord vous apercevez la grande Tower de 18 étages dont je vous parlais. Et la route direction nord-sud, c’est Wilmslow Road, qui se prolonge au nord en Oxford Road au niveau de l’Université, et qui mène ensuite au centre-ville (Oxford Street).

 

Voilà, grâce à mon haut débit par câble Ethernet, j’ai pu télécharger ce logiciel en quelques secondes, et perdre plusieurs heures à visiter les alentours de Manchester à bord d’un satellite !

   

 

Cette semaine, c’était la Freshers Week. Une semaine de fêtes à destination des nouveaux étudiants de l’Université. Etant donné qu’en tant qu’Erasmus j’avais déjà eu des choses de ce genre gratuites, je n’ai pas jugé opportun de dépenser £17 pour avoir accès à toutes ces soirées. Mais j’ai eu droit à des échantillons gratuits qui me confortent dans l’idée que cette Freshers Week n’était pas pour moi. Par exemple, vous vous souvenez de ces bouteilles de Corona Extra qui déambulaient dans les rues du centre-ville de Manchester ? Eh bien décidément, Corona Extra a mis le paquet sur le marketing. La cible : l’étudiant de première année. Et pour toucher cette cible, la nouvelle trouvaille des publicitaires de chez Corona est un bus-bar. Tout d’un coup j’ai en effet vu débouler un bus aux couleurs de la marque, essentiellement jaune donc, avec des jeunes installés autour d’une bière au dessus de ce bus aménagé pour l’occasion…Je crois que le bus s’arrêtait de temps en temps et proposait aux passants de venir rejoindre le toit de ce bus pour partager une bonne bière. Bizarrement, je n’ai pas été tenté. D’après tout ce que j’ai vu comme publicité lors de cette semaine, j’arrive à la conclusion que l’étudiant de première année moyen aime boire, et aime voir des fesses se trémousser. Devant le syndicat étudiant, sur Oxford Road, le lieu certainement le plus fréquenté en ces temps de rentrée, on ne marchait plus sur le trottoir mais sur un tapis de prospectus ou « flyers », assez dangereux d’ailleurs car glissant à partir d’une certaine épaisseur. Et si l’on baissait les yeux, on se rendait compte que l’on piétinait principalement des tracts pour des bars, même si la maquette est en général dominée par une jeune femme aux trois quarts dévêtue. Mieux encore, un camion de location stationné devant l’immeuble du syndicat des étudiants, musique à 150 décibels, et trois potiches qui n’avaient pas froid aux yeux ni ailleurs, puisqu’elles se tortillaient indécemment devant les passants…je crois que c’était encore une pub pour un bar.

Enfin, ce déferlement d’incitation à la consommation a quand même du bon, car j’ai réussi à me faire distribuer deux places de cinéma gratuites. Je suis donc allé au cinéma en question. Il n’y avait aucun film qui m’inspirait, et j’ai eu droit à un gros navet (« The Night Listener »), un soi-disant thriller psychologique…Et en plus de ce navet gratuit, j’avais droit à une grande portion de pop-corn ou à une grande boisson. Au vu des gobelets en plastique qui devaient avoir une contenance d’environ 3,5 litres, j’ai opté pour les pop-corn, en essayant de faire comprendre au monsieur qui les servait qu’une taille « medium » suffirait amplement. Je me suis retrouvé avec un mètre cube de pop-corn, dont je ne suis venu à bout que du tiers. Et c’est déjà énorme, croyez-moi ! Je suis donc sorti de la salle un peu déçu, d’autant plus que j’y étais allé à une séance en début d’après-midi, donc on sort un peu ébloui par le soleil (si si, il y a du soleil à Manchester, des fois) et avec le sentiment d’avoir gâché son après-midi…

Pendant que j’y pense, il faut que je vous dise un mot sur le syndicat étudiant (Students’ Union) de l’Université de Manchester. Certains d’entre vous ont en tête le syndicat étudiant de l’IEP, l’AGET. Pour ceux qui ne voient pas, l’AGET est la liste qui a gagné et qui gagne depuis quelques années il me semble, les élections des représentants étudiants à l’IEP. Et à l’IEP, l’AGET a son local, situé au troisième étage, à gauche juste avant de rentrer dans l’amphi Jaurès. Ce local a à peu près la taille d’un placard à balais. Ici, le local du syndicat étudiant, c’est un immeuble de la taille de l’IEP lui-même. Je n’exagère pas, c’est peut-être même encore plus grand. Et ne voyez pas dans ma comparaison une quelconque tentative de critique de l’un ou l’autre modèle, c’est totalement différent, c’est tout ! Vendredi matin, je me suis rendu au Students’ Union car il y avait un accueil des étudiants internationaux. Oui je sais, ça fait beaucoup d’accueils, mais là c’était l’accueil du syndicat étudiant. J’arrive dans une grande salle, au troisième étage, plein de chaises vides. Il s’avèrera que nous serons cinq étudiants internationaux à être au rendez-vous. C’est vrai qu’il fallait le savoir qu’il y avait cette réunion, moi j’étais tombé sur un prospectus un peu par hasard. Karolina, une étudiante chargée des étudiants internationaux, très sympathique même si un peu déçue du faible nombre d’étudiants, nous a fait visiter les locaux. Trois salles de concerts dans le bâtiment, un bar (immense comme tous les bars que j’ai eu l’occasion de voir pour l’instant), un autre bar au sous-sol avec un petite scène, une cafétéria, un opticien, une banque, une papeterie et une épicerie…Tout cela dans les locaux du syndicat ! Et à la fin de la visite, on a eu droit à des places pour un match de foot, gratuites ! Manchester City contre West Ham le lendemain à 3h00. Excellent ! Moi qui croyais que je ne pourrais pas aller voir un match ici, me voilà ravi. Bon, Manchester City ce n’est pas Manchester United, certes. Pour les non-connaisseurs de football, comme moi, il faut savoir qu’il y a deux équipes qui jouent en première ligue à Manchester. Manchester United est la plus titrée, la plus connue, celle qui joue dans le mythique stade d’Old Trafford. Manchester City est plutôt en bas de tableau, mais c’est l’équipe soutenue par les vrais Mancuniens.

Honte à moi, samedi je suis donc allé voir un match de foot. Pourquoi honte à moi ? Car en même temps il y avait un grande manifestation à Manchester, pour le retrait des troupes britanniques d’Irak. C’était à Manchester car il y a en ce moment un congrès du Labour Party de Tony Blair. Habituellement cette conférence se tient dans une ville côtière, et c’est donc la première fois que l’événement a lieu à Manchester. J’aurais bien aimé voir un discours de Blair, mais cela relève de l’impossible. Encore plus impossible que de trouver une place pour voir jouer Manchester United, c’est pour dire. J’ai invité mon voisin anglais Edward (dit Ed) à m’accompagner (j’avais deux places), et il en était très content ! On est donc allés au stade en bus…les bus à Manchester sont vraiment pourris. Pas très chers certes, mais pourris. Déjà, même lorsque tu ne le prends pas, tu subis sa pollution plein pot (si je puis dire). En général ils dégagent une épaisse fumée grisâtre, et comme il y a des bus partout, les trottoirs des rues qu’ils empruntent sont vite irrespirables. Ensuite, il n’y a qu’une porte devant, pour entrer et sortir. Et le fait qu’il n’y ait qu’une porte n’incite pas l’usager de bus moyen à avancer vers le fond du bus. Or, ce comportement qui peut sembler rationnel à l’échelon de l’individu – pourquoi aller au fond alors que je descends dans quelques arrêts ? – ne l’est pas au niveau agrégé des passagers du bus. Nous sommes face à un cas typique d’effet pingouin (Vicente, 2002). Les voyageurs auraient intérêt à se répartir uniformément dans la longueur du bus, car cela faciliterait la circulation globale. Mais lorsque l’usager monte dans le bus et se retrouve nez à nez avec un gros paquet d’autres usagers, il a naturellement tendance à suivre le comportement dominant. Il choisit donc d’augmenter le paquet de voyageurs à l’avant du bus de sa personne. Bon, le problème se complique lorsque l’on prend en compte le fait que la plupart des bus à Manchester sont des « double decker ». Et que l’on a pas le droit de stationner debout à l’étage, mais qu’il est impossible de savoir si les places assises à l’étage sont toutes occupées avant d’y être monté pour vérifier…

Bref, on arrive au stade. J’avais déjà vu ce stade lors du tour de la ville en car, et c’est un joli stade. Il a la particularité, nous avait expliqué le guide au micro dans le car (oui, je sais normalement ce genre de visite est fait pour le troisième âge ou pour les Japonais, mais c’était gratuit) d’avoir des accès en spirale. Vous voyez les spirales que l’on emprunte dans les parkings souterrains pour passer d’un niveau à l’autre, et qui vous font stresser parce-que si l’on doit s’arrêter au milieu et qu’un blaireau arrive vite derrière vous il peut facilement vous rentrer dedans. Vous voyez ? Ben pareil pour rentrer dans le stade, sauf qu’on les prend à pied. Ce système est censé fluidifier la circulation piétonne et éviter des accidents en cas de mouvements de foule. Au lieu de se faire piétiner dans un escalier, là on se fait piétiner dans une spirale…c’est moderne. Non j’ironise, je pense que c’est ingénieux comme système. Ce stade a aussi servi lors des Commonwealth Games de 2002. Nous étions assez proches de l’entrée indiquée sur notre billet à la sortie du bus, mais Ed a jugé qu’il serait plus sûr de faire tout le tour du stade, et d’éviter ainsi de passer au milieu des supporters de West Ham. Il est vrai que j’avais mis un t-shirt bleu ciel qui collait pile avec la couleur de Manchester City. J’avais acheté ce t-shirt au hasard chez Primark, le jour de mon arrivée où j’avais perdu mes bagages, et parfois le hasard fait bien les choses…Nos places étaient juste à côté de la frontière avec les supporters de West Ham, ce qui a déclenché chez Ed un grand « Oh dear ! » de désespoir. Il y avait entre nous et les supporters de l’équipe adverse un filet posé sur les sièges pour les empêcher de passer, et toute une rangée de personnel de sécurité qui se tenait debout et face aux étrangers. Le père d’Edward est un grand fan de Manchester City, et il disait à son fils au téléphone qu’il y a quelques années, certains supporters avaient eu l’idée de s’attaquer au camp adverse au moyen de fléchettes…Les vraies fléchettes, celles avec lesquelles on joue dans les pubs. Finalement, il n’y a pas eu de débordement. Evidemment quelques très vilains gestes souvent répétés de part et d’autres, accompagnés d’insultes à base de f*** off, et de chants dont je n’ai pas compris les paroles, mais dont le sens profond m’a paru limpide. C’est parfois impressionnant de se trouver au milieu d’un tel fanatisme. Il fallait voir les yeux de certains supporters lorsqu’il proféraient leurs insultes, ce n’était pas de la tendresse qui se dégageait de leur regard. Et encore plus impressionnant, il y avait devant nous une gamine toute mignonne d’environ sept ans je dirais, et qui reprenait tous les chants avec son père ! Je l’imagine de retour à l’école, racontant son week-end et les chansons qu’elle avait apprises…Voilà, pendant que certains battaient le pavé sur le thème de « Time To Go », moi je m’égosillais : « Come on City, Come on City, Come on City… ». Je sais, c’est indigne de l’IEP. D’autant plus que le contrat de mobilité que nous avons tous signé contraint l’IEPien à « représenter honorablement l’IEP et la France en général par un travail assidu et une attitude courtoise en toutes circonstances ». Rien que ça…Ouf, je n’ai insulté personne. J’ai su rester courtois. De là à dire que j’ai représenté honorablement la France, je n’en sais rien…Mais j’ai je pense respecté la suite du contrat de mobilité en faisant « un authentique effort d’intégration linguistique et culturel ». En effet, grâce à ce match de foot j’ai considérablement élargi mon vocabulaire. Et mieux encore, j’ai suivi Ed qui tenait absolument à s’acheter des frites avant d’entrer dans la stade. J’ai donc mangé une grosse barquette de « chips and curry » qui, dans le contexte culturel, était tout à fait adaptée. Si ce n’est pas de l’intégration ça…Du point de vue footbalistique, c’était pas mal du tout. Bon, je ne connaissais aucun joueur, mais c’était sympa. On était à environ dix mètres de la pelouse, et on était aux premières loges pour les deux buts marqués par Manchester ! Oui, car en plus, Manchester a gagné 2-0. Après le premier but, au tout début de la seconde mi-temps, j’ai notamment compris que les Mancuniens narguaient West Ham en criant « Sit down, shut up ! ». Et du côté de West Ham, ça chantait forcément beaucoup moins. Il faut dire qu’ils ne faisaient pas le poids, car même s’ils ont bien rempli la tribune qui leur était réservée, nous étions 41000 spectateurs…Très bonne après-midi ! Et j’ai oublié de préciser que le prix du billet de ce match était d’environ £30. C’était donc un beau cadeau que nous a fait le syndicat étudiant ! L’AGET devrait essayer pour augmenter le nombre d’adhésions : un vote pour la liste AGET = une place pour un match du TFC ; une adhésion = une place pour un match du Stade Toulousain + une bière offerte à la mi-temps. Ah bon, c’est interdit ce genre de promotion ? « Corruption » vous dîtes ?

 

 

Comme vous l’avez peut-être remarqué, je ne parle jamais de mes cours. La raison est simple, c’est que je n’ai pas encore commencé. J’attaque lundi. Mardi 19, nous avions rendez-vous avec notre co-ordinatrice Erasmus. On s’est donc entassés à une dizaine dans le petit bureau du Dr Jill Lovecy, qui enseigne la science politique à l’Université. Son bureau est rempli de livres en Français ! Des centaines de bouquins, sur la gauche en France, des numéros de Pouvoirs, etc. Et dire que dans toute ma vie je n’en lirai même pas un dixième alors qu’ils sont dans ma propre langue. Elle dispense d’ailleurs un cours intitulé « France under the Fifth Republic » et je viens de voir sur son CV que j’ai trouvé sur Internet qu’elle est passée par Sciences-Po Paris une année. Mais on s’en fiche, je vous l’accorde. Toujours est-il qu’elle est très sympathique. Après cette rencontre dans son bureau, nous étions conviés à boire le thé. Mais pas n’importe où mes chers amis…nous avions nos places réservées dans un salon de thé, au beau milieu du bâtiment principal de l’Université, de style néogothique (je ne l’aurais pas trouvé tout seul, c’est notre hôte qui nous l’a dit pour nous expliquer où aller). Ce salon de thé était en fait une bibliothèque reconvertie, et nous avons donc eu droit au thé et aux pâtisseries (excellentes d’ailleurs) dans de confortables fauteuils, au milieu des livres…Il y a pire pour commencer l’année ! Voilà donc les cours que je vais suivre, sous réserve de changements :

-         Social Problems & Social Policy, un cours de première année, sujet classique pour un IEPien

-         Politics of the European Union, aussi assez classique, mais c’est un cours de troisième année donc cela risque d’être plus corsé. J’ai emprunté à la bibliothèque universitaire (tout simplement immense) un livre qui est censé faire office d’introduction à ce cours. 645 pages d’introduction, ça commence à faire une bonne introduction. D’autant plus que, faut-il le rappeler, tout ceci est en Anglais…

-         Cities & Society, c’est un cours qui est dans une autre école au sein de la fac, l’école de Planning and Landscape. C’est un peu pour ça que j’avais choisi Manchester, car ils avaient des cours en urbanisme. Donc c’est bien, j’ai réussi à prendre un cours dans ce domaine ! Bon, ce ne sera qu’une introduction, mais c’est déjà pas mal.

J’ai aussi dû me soumettre à un test d’Anglais, destiné à recommander à ceux qui auront un score faible de suivre des cours en conséquence. J’espère donc avoir échoué, même si j’ai joué le jeu. La partie vocabulaire m’a paru assez facile, la partie grammaire un peu moins, et la partie « Writing » beaucoup moins ! On verra bien, les résultats seront disponibles lundi 2 octobre.

 

 

Bon, j’ai réussi à faire (un peu) moins long, et cette réduction dans la taille des articles devrait se poursuivre dans le futur étant donné que mes cours vont commencer. Et puis comme ça je vais pouvoir aller au lit à une heure raisonnable. Oui, car j’ai oublié de vous dire que le grand jeu des étudiants fraîchement installés à Owens Park, c’est de déclencher les alarmes anti-incendie. De préférence entre deux et quatre heures. Du Matin. Donc dans la nuit de vendredi, la sirène a retenti quatre fois entre deux et quatre heures du matin. Et les trois premières fois, je suis descendu. On se retrouve donc en bas, en pleine nuit, à se les geler car même s’il ne fait pas froid l’écart de température ressenti est grand entre dehors et l’agréable chaleur de dessous la couette. On se retrouve là comme des cons, à pester contre l’idiot qui fait ça en attendant que l’alarme s’arrête. Vous me direz, pourquoi descendre alors que l’on sait très bien que c’est un fausse alerte. La première fois, on descend car on ne sait jamais, cela pourrait être un vrai incendie. Et puis on a été bien sensibilisé par monsieur le chef des pompiers les premiers jours, qui nous a même passé une petite vidéo pour nous montrer qu’une chambre, ça brûle très vite…La seconde, on descend parce-que l’on est bien élevés, et que ne pas descendre constitue un motif de sanction disciplinaire…La troisième, je suis descendu pour éviter d’attirer d’éventuels soupçons ; c’est un peu louche de rester dans sa chambre pendant que d’autres descendent. La quatrième fois, je ne suis pas descendu. Mais quelques secondes après que la sirène a commencé à sonner (je ne m’étais pas encore rendormi), j’ai entendu des crissements de pneus et des moteurs qui ronflaient sous ma fenêtre…c’était trois voitures de la société de sécurité qui gère Owens Park, qui s’étaient tenues prêtes à bondir pour essayer de prendre le(s) délinquant(es) en flagrant délit. J’ai vu de ma fenêtre qu’ils ont ramené des types avec eux. J’ai donc bon espoir que cela cesse, car je n’ai pas besoin de vous faire un dessin pour que vous imaginiez à quel point cela peut-être énervant de voir ses heures de sommeil s’envoler à cause de gens aussi stupides. Une fois, je veux bien, et encore. Mais là, ça fait au moins la cinquième nuit que ça dure…

 

J’ai reçu le câble de l’appareil photo de Perrine (merci Perrine !) et donc je vais enfin pouvoir vous montrer quelques photos de Manchester.

 

 

Merci à tous pour vos commentaires, je sais que j’ai de nouveaux lecteurs désormais ! Avec une mention spéciale pour Thom, mon petit frère, dont le commentaire m’a fait très plaisir, et m’a aussi fait bien rigoler ;-)

 

Par Charlie - Publié dans : charliethefrog
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Lundi 18 septembre 2006

Je voulais me coucher tôt mais puisque vous insistez, puisque vous n’en pouvez plus de ne pas avoir de mes nouvelles, à tel point que votre sommeil en est perturbé, je vous l’écris votre article…

Pour savoir par ou commencer – épineuse question lorsque l’on découvre de nouvelles choses chaque jour, et qu’il faut bien résumer – je vous propose un schéma.

  

 

 

 

 

 

C’est une sorte de jeu de l’oie, sauf que vous n’avez pas besoin de lancer de dé. Bon, pour être honnête ça m’évite le casse tête de l’organisation des idées…du fameux plan, instrument de torture commun du prof de droit. Et puis de toute façon un blog ce n’est pas une dissertation, et l’iepienus mobiliensis (© Jim) que je suis est encore un peu en vacances…

 

  

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Ca y est, lundi 11 j’ai emménagé dans mon palace. Et avec le recul, je ne suis pas mécontent des déboires causés par la perte de mes bagages. Car finalement, je n’ai pas eu à me trimbaler ma valise de 23 kilos (et 300 grammes, volés à British Airways) de l’aéroport à l’auberge de jeunesse. Et vu qu’il pleuvait ce jour là, ça n’aurait pas été une partie de plaisir de tourner en rond une demi-heure avec cette enclume à roulettes. C’est pervers ces petites roues d’ailleurs…au moment de faire ses affaires, on se dit que l’on peut charger à bloc sa valise, ça ira comme sur des roulettes (ah, ah, ah). Mais on ne pense pas à tous ces petits ressauts, ces petites marches à gravir, ces gravillons, ces grands escaliers à gravir, etc. Ah si tous les architectes suivaient les bons conseils d’un certain Ankel1, ce serait beaucoup plus simple.  Et oui, malgré les roulettes il va falloir parfois soulever cette satanée valise. Tout ça pour vous dire que cette fois, je n’ai pas hésité à dépenser deux fois 60 pence (£1,20 ou encore 1,80€, ou encore 12 Frs pour ceux à qui ça arrive encore de convertir, comme moi) pour prendre le tram et le bus. En effet, après avoir fait quelques fois le trajet, j’estime le temps nécessaire au parcours du centre-ville vers Owens Park (ma résidence) entre ¾ d’heures bien tassés et une petite heure. Mais ceci à vide, donc à une bonne allure, allure qu’il est beaucoup plus difficile d’adopter avec une enclume, même équipée de roulettes.

Et même en prenant le bus, ça n’a pas été évident. Il faudra que l’on m’explique à quoi sert la barre verticale qui équipe encore certains bus, juste en montant, pile au milieu du passage. Le chauffeur a été sympa, il ne m’a fait payer qu’un ticket pour ma valise et moi. Arrivé à la réception d’Owens Park, je vais récupérer mes clés, assez impatient de voir mon chez-moi des cinq prochains mois. Owens Park est, je crois, la plus grande des nombreuses résidences universitaires de l’Université de Manchester. Il y a en gros trois campus de résidences universitaires. Un très près du centre-ville et de l’Université, un à mi-chemin entre l’Université et le mien, et Fallowfield donc, le plus au sud. Chacun de ces trois campus englobe une dizaine de résidences… Fallowfield est le plus populaire auprès des étudiants, notamment de ceux qui aiment faire la fête. Et dans Fallowfield, Owens Park est la plus grande des résidences, résidence qui compte elle-même plusieurs immeubles. Le mien est petit, deux étages seulement. Ma fenêtre donne sur une cour intérieure et sur la Tower qui compte dix-huit étages. Je suis au deuxième étage, tout près de la cage d’escalier et de la cuisine (cuisine commune à un couloir). L’intérieur est vieillot, mais c’est vraiment pas ça qui me dérangera ! Très important à signaler : je dispose d’un lavabo personnel (ouah !) et surtout d’une prise Ethernet qui devrait me permettre de me connecter gratuitement à Internet et à haut débit à partir de lundi, quand la mise à jour du réseau sera terminée. Actuellement, pour aller sur Internet je vais au Computer cluster, au-dessus de la réception, à 20 mètres de chez moi. Et là, pour ceux qui connaissent la salle d’ordinateurs de l’IEP (c’est déjà pas mal d’en avoir une me direz-vous), cela n’a rien à voir. Il doit y avoir entre cinquante et cent ordinateurs récents, écrans plats et tutti quanti. Et, IEPiens, vous me croirez ou non, mais je puis vous assurer qu’ils marchent tous ! Il faut savoir qu’à l’IEP, lorsque vous entrez dans la salle informatique et qu’il reste un seul ordinateur, cela ne sert à rien d’aller le prendre. C’est qu’il ne marche pas. Bon allez j’arrête ma critique non constructive. Et puis d’ailleurs je viens de voir que tout cela va changer, puisque l’IEP lance un appel public à la concurrence pour « un accompagnement à la gestion du changement2 » : audit, nouvelles solutions de management et tout et tout, ça ne plaisante pas. J’espère qu’ils ne vont pas virer le concierge, car même s’il ne sourit jamais, ce type porte en lui un sentiment de profonde bienveillance envers les étudiants. Du moins c’est mon impression. Mais je m’égare encore, désolé. Trois mois sans IEP et déjà un brin nostalgique, va expliquer ça toi.

J’ai donc enfin pu tout déballer de ma valise et étaler mon bordel un peu partout, du moins dans l’enceinte de ma chambre, soit une dizaine de mètres carrés. La cuisine commune n’a pas de micro-ondes mais un four. Je ne pourrai donc malheureusement pas tester la désormais mondialement connue recette du gâteau au chocolat au micro-ondes de Pauline. Bon, j’avais le temps de tester à Toulouse, certes, mais à Toulouse il y avait Pauline pour le faire…Par contre il y a une super bouilloire, et du coup je bois beaucoup de thé, je m’adapte à la culture locale.

Le gros hic pour l’instant concernant mon logement, c’est la possibilité d’accueillir quelqu’un pour quelques nuits. Quand je dis « quelqu’un » il faut entendre principalement Perrine bien sûr, mais si vous qui me lisez avez l’occasion de venir faire un tour à Manchester, j’aimerais bien pouvoir vous offrir aussi l’hospitalité. Le premier jour j’ai posé la question à la réception, et ça a été on ne peut plus clair comme réponse : « No ». Et j’ai demandé plus tard à un étudiant de l’International Society qui, même s’il avait un peu plus de tact puisqu’il a rajouté « unfortunately », n’a pas démenti. C’est assez dur à avaler…je paie, ou plutôt on me paie une chambre assez cher pour ce que c’est, et je n’aurais même pas le droit d’y faire venir quelqu’un pour quelques nuits. Enfin aujourd’hui dimanche 17 il y a une réunion d’accueil pour les étudiants d’Owens Park, et j’imagine que la question va être encore une fois posée. Si c’est encore non, non et non, je pense que je vais faire une pétition, ou fonder une association, ou engager Jean-Michel Eymeri pour faire du lobbying auprès de la Commission européenne, ou peut-être poser une bombe…il paraît qu’on trouve facilement des recettes de bombe artisanale sur Internet. Ce qui est d’autant plus dur à accepter, c’est que beaucoup d’autres résidences autorisent ces visiteurs. Et que dans le guide du campus de Fallowfield, il est dit que chaque hall a ses propres règles concernant ces invités, mais en aucun cas qu’ils ne sont pas autorisés. Bref, c’est emmerdant. Qui plus est ici les hôtels sont très chers.

Les premiers jours à la résidence étaient un peu bizarres, car c’était le désert. Je pense que j’étais carrément tout seul dans mon immeuble…De grands couloirs tout vides. Mais depuis jeudi, date où commençaient la plupart des contrats, ça a changé, c’est un défilé permanent de jeunes avec leurs parents, trimballant leurs affaires jusque dans leur chambre…

  

 

 

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Une fois installé, le besoin de certains biens de consommation courante se fait sentir. Au premier rang desquels une couverture pour le lit. Je suis donc allé faire mes courses au centre-ville. Manchester est la ville rêvée pour ceux qui aiment faire du shopping…il y a un quartier commercial assez énorme, toujours très fréquenté, particulièrement les samedis et dimanches où il est difficile de se frayer un chemin entre les consommateurs ! Pour m’acheter draps, couette, oreillers etc. je suis allé chez Primark. Je ne crois pas que ça existe en France. Je dirais que c’est dans la même gamme que C&A, donc ça me va. C’est peut-être même moins cher…pour une fois que je trouve quelque-chose de moins cher ici, il faut le signaler. Dommage que ma valise soit archi-pleine sinon j’aurais peut-être acheté quelques vêtements. J’ai trouvé un ensemble pour un lit simple à £12, ce qui est raisonnable j’imagine. Bon, le lendemain j’ai dû y retourner pour acheter drap housse, housse de couette et taie d’oreiller…Oui car ceux qui étaient inclus dans le pack étaient vraiment très inconfortables…D’accord j’ai l’air de faire ma chochotte. Non mais ce n’était vraiment pas agréable : j’avais l’impression de dormir sur une mince couche de polystyrène (c’était du 100% polyester, mais un polyester de très mauvaise qualité j’imagine). Et du polystyrène sur du polystyrène, ça glisse bien. Donc ma couette n’arrêtait pas de glisser sur les côtés et c’est très énervant.

Etant donné que les repas ne commençaient à être servis qu’à partir du 14, j’ai aussi dû acheter de quoi subsister. Pain complet, confiture, thé, et plats cuisinés à faire réchauffer au four. Et le 14, les repas à la résidence débutaient. J’ai raté le petit déjeuner, je me suis levé trop tard…Il a donc fallu attendre le soir pour enfin expérimenter ce qu’allait être la cuisine anglaise en collectivité. Et pour ce premier repas, les cuisiniers ont eu la délicatesse de ne pas nous servir de plats typiquement Anglais. J’ai pris du poulet avec du riz, accompagné d’une sauce très épicée, pas mauvais du tout ma fois. Le lendemain matin, le petit déjeuner ressemblait plus à…quelque-chose de différent de ce dont nous avons l’habitude en France. Je ne me souviens plus de tout ce qu’il y avait, mais entre autres des œufs brouillés, du bacon, des haricots, des beignets de pomme de terre, et un truc bizarre que je n’ai pas osé tester, pour l’instant. Vu la tête qu’ont fait Marina (allemande) et Riikka (finlandaise) à la première cuillère de cette mixture blanche avec des grains de je ne sais quoi dedans, j’ai peut-être bien fait de ne pas goûter dès le premier breakfast. Vendredi soir par contre, il y avait un dessert qui ressemblait bien à un truc Anglais, du moins dans mon imaginaire. Des morceaux d’ananas pris dans une gelée rouge…la chose tremble dans la petite cuillère, à  tel point que tu te demandes si ça ne va pas te sauter dessus. C’est vivant ou quoi ? La même chose que dans Jurassic Park, mais en rouge. J’ai principalement mangé les morceaux d’ananas, je n’ai pu venir à bout de l’agglomérant. Un goût genre fraise chimique, avec une consistance indescriptible, vraiment écœurant au bout de la troisième cuillère.

  

 

 

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Vous connaissez peut-être le dessin animé « Le Bus Magique ». Bon, c’est un dessin animé pas très vieux je pense, et dont la qualité n’a rien de comparable avec celle d’un dessin animé comme Bob l’Eponge par exemple, donc je ne vous en veux pas si ça ne vous dit rien. Mais sachez qu’à Manchester, le bus magique existe vraiment, et il y en a même plein ! En fait, « Magic Bus » est une compagnie parmi la demi-douzaine en service dans Manchester. Lorsqu’on parle de la libre concurrence, des théories néo-libérales etc., je pense que le réseau de bus de la ville de Manchester constitue un beau cas pratique. Il pourrait figurer dans la Varian à mon avis. Je n’ai pas assez bien intégré la théorie de l’Homo oeconomicus, si chère à Jean-Louis Guy, ni assez de recul pour évaluer l’efficacité de cette concurrence. Toujours est-il que c’est un peu déroutant au début. Je crois que je l’ai déjà dit dans un article précédent, mais une même ligne de bus est assurée par plusieurs compagnies. Vous ne payez pas forcément le même tarif pour le même trajet selon la compagnie que vous empruntez. Lors d’une des conférences dispensée pour les étudiants internationaux, on nous a dit qu’Oxford Road (la rue principale qui passe dans la fac) était l’une, sinon l’avenue la plus fréquentée par les bus en Europe. Je veux bien le croire…Les bus se suivent, se doublent, et grillent allègrement les feux rouges. Très sérieusement, pour un économiste, voire pour un mémoire d’IEPien de quatrième année, je suis sûr qu’il serait intéressant d’analyser ce réseau : fixation de la tarification, exigences du service public, externalités négatives de la pollution pour les piétons, etc. Il y aurait beaucoup de choses à dire. Jusqu’à maintenant, j’emprunte principalement le moyen de transport gratuit et non polluant constitué par mes jambes. Mais je crois que je vais devoir me lancer dans une étude comparative du marché et investir dans un ticket mensuel ou semestriel. Car pour l’instant, il fait plutôt beau (si si, je le jure), je ne suis pas trop pressé vu que mes cours n’ont pas commencé, et je suis encore dans une phase d’exploration. Mais quand il fera nuit à quatre heures dans quelques semaines, que j’aurai des cours où il faut être à l’heure et encore plus à l’heure qu’ailleurs (ils ont beaucoup insisté là-dessus, le cliché des Britanniques très pointilleux sur les horaires semble être vrai), et que les températures auront sensiblement chuté, je pense que j’en aurai marre de n’avoir que mes pieds pour me déplacer. J’essaie de surveiller de près mes dépenses, mais là ça me semble nécessaire.

Manchester a la réputation d’être une ville très « cosmopolite ». Et quand on va à l’Université depuis Fallowfield, une partie du chemin est là pour illustrer ce « melting pot » ou « salad bowl », au choix. C’est une rue très animée, et remplie d’épiceries, de restaurants, et de petits magasins qui vendent un peu de tout. Il n’y a aucune uniformité, chacun a son enseigne lumineuse collée à celle du voisin, le kebab à côté de la bijouterie indienne, etc. Mais ce n’est pas « artificiel » ici…enfin je veux dire ce n’est pas comme à Toulouse par exemple où on va aussi trouver des restaurants de pays différents juste à côté les uns des autres. Là on sent que le quartier est vraiment imprégné et construit par toutes ces identités. Les magasins et les restaurants sont des affaires familiales je pense, et beaucoup habitent dans le quartier même. Par contre je m’aperçois que c’est vraiment la rue des tentations lorsque l’on a faim…toutes les odeurs de cuisine vous excitent les papilles, c’est terrible. Tout ça pour aller au Lidl quelques centaines de mètres après, acheter un plat cuisiné pas cher et aller se le faire réchauffer à la résidence, en reprenant cette rue dans l’autre sens pour bien remuer le couteau dans la plaie.

  

 

 

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Quelques mots sur l’Université de Manchester. C’est une très, très grande université en termes de nombre d’étudiants. Tous les chiffres que j’ai entendus oscillent entre 50000 et 80000 étudiants, même si ce chiffre englobe les étudiants de l’autre université de Manchester (Manchester Metropolitan University je crois), ce qui fait du campus de Manchester le plus grand regroupement d’étudiants d’Europe. Depuis vendredi 15 a commencé l’Orientation Programme : des conférences d’informations pour les étudiants internationaux ainsi que des « Social events ». Patati patata des directeurs de machin et trucs, suivis de quelques blabla, et au milieu quelques informations utiles. Non j’exagère, car l’accueil est vraiment chaleureux, on est vraiment bichonnés. L’Université se fixe comme objectif d’être dans le « top 25 » des universités mondiales et dans les six meilleures du Royaume-Uni. J’avoue que je n’en ai strictement rien à faire. Et d’ailleurs, j’aimerais bien savoir qui fait, et comment sont faits ces pseudo-classements…

Le vendredi 15 il fallait choisir à quel Social event on voulait participer. Soit choisir entre tango ou danse traditionnelle anglaise. J’ai choisi la seconde option, sans grande conviction je dois dire…Mais finalement c’était très sympathique. Deux musiciens sur une petite scène, et deux personnes qui expliquaient les danses. Une grosse dame brune, et un monsieur avec des cheveux gris et longs derrière, et surtout un petit bedon comme s’il était enceinte…comment dire, ils accordaient je pense peu d’importance à leur apparence physique. Très sympathiques, même si je n’ai compris aucune de leurs blagues…Les danses restaient assez basiques du point de vue technique, heureusement. J’ai donc très mal dansé, mais j’ai dansé et je me suis bien amusé. Je pense à ma maman car ça ressemblait en de nombreux points à un bal occitan. Il y a vraiment des étudiants de tous les pays, et j’ai déjà échangé quelques mots avec des Allemands, des Espagnols, Italiens, un Roumain, des Finlandaises, une Estonienne, des Américains, une Turque, des Indiens, …et j’en oublie certainement. Bon, quand je dis que j’ai échangé quelques mots, c’est souvent au maximum. En général ça ne va pas beaucoup plus loin que d’où viens-tu, qu’est-ce que tu étudies, et combien de temps tu restes. Souvent aussi on me dit : « Ah oui, la France, j’y suis déjà allé, ici et là, c’était très joli… ». Vous serez certainement très heureux de savoir que le chauffeur de notre tour de Manchester en bus (une autre activité de l’Orientation Programme) a été en vacances au bord du Canal du Midi, depuis Carcassonne jusqu’à Montpellier, et qu’il a trouvé la région très jolie…innit ? Je dis « innit » car cela fait partie du dialecte des « Mancunian ». En effet, les gens qui ont l’accent du coin mettent « innit » à la fin de n’importe quelle phrase. « Innit » est la contraction d’ « isn’t it ». On a eu un mini-cours d’expressions ou d’accent local, c’était marrant. Par exemple ils prononcent – et je peux confirmer – « Ayoh » pour « Hi ! ». Et d’autres petits trucs comme ça…Il y a une habitude langagière à laquelle je n’ai malheureusement pas encore eu la chance d’être initié, c’est de dire « love » pour appeler quelqu’un que l’on ne connaît pas. Par exemple à un client dans un magasin on peut dire « Thanks, love ». Marrant je trouve.

Pour en revenir à l’Université, tout est extrêmement bien organisé…on se voit remettre un guide en couleur papier glacé sur chaque sujet : Arrival Guide, Crucial Guide, Orientation Guide, Sport and Fitness Guide, Internet Services Guide, etc. Il y a des réunions sur des sujets très précis : Health and wellbeing, Community policing and personnal security, Academic crimes (ça concerne les problèmes de tricherie aux examens et de plagiat)…Tout ceci gratuitement. Du moins pour les étudiants Erasmus, et c’est là l’énorme avantage du programme lorsque l’on va en Angleterre : on ne paie pas les « tuition fees ». Donc je profite de tout ceci aux frais des autres étudiants, et des contribuables européens. Heureusement d’ailleurs que je ne paie pas ces frais pour aller à l’université, car je n’aurais pas pu aller en Angleterre dans le cas contraire. Le budget est déjà conséquent, notamment en raison du prix du logement. Mais pour les autres étudiants, il faut débourser entre £3000 et £20000 par année d’étude. Voilà donc le pourquoi du comment des superbes équipements, et de la très bonne organisation. Les étudiants s’endettent donc, et peuvent rembourser lorsqu’ils gagnent une certaine somme d’argent par mois. Les études, ça peut se voir comme un investissement pour l’avenir. Sauf qu’ici, il faut prendre « investissement » au pied de la lettre, au sens financier du terme. Je ne devrais pas me livrer à des considérations à l’emporte pièce sur les profils sociaux des étudiants…c’est pas bien ! Mais bon, en gros, j’ai pas vu beaucoup de pauvres dans le coin. Je ne me fais pas d’illusions sur le système français non plus…je sais que nous sommes des privilégiés en tant qu’étudiants de l’enseignement supérieur. Mais les frais d’inscription des universités n’ont rien de commun avec ceux que paient les étudiants britanniques, et je pense que les écarts sociaux sont exacerbés du même coup. Car s’endetter c’est bien beau, mais il faut souvent avoir tout de même les moyens de s’endetter il me semble…aussi paradoxal que cela puisse paraître. Je m’égare encore, et je me rends compte que je dis des banalités, mais c’est pas grave. J’ai l’habitude d’en mettre dans les copies d’examens.

  

 

 

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Dans cet environnement tout nouveau tout beau, et où l’on crée même des événements pour ça, il est très facile de se faire de nouveaux amis. Et effectivement, j’ai eu mille occasions de rencontrer des gens. Mais pour l’instant, rien de très concluant…Et du coup je me retrouve un peu tout seul des fois, mais bon, je ne désespère pas de trouver de bons amis. En marchant le long de Wilmslow Road (ça le fait comme début de phrase, les noms en Anglais ça en jette je trouve), alors que je revenais de Lidl (là ça le fait beaucoup moins de suite), je me disais que tôt ou tard, je me retrouverai bien dans un groupe, ou avec quelqu’un qui me ressemble, ou avec qui le courant passe. Bon, certes je ne trouverai jamais des amis de la qualité de ceux que je me suis fait à Toulouse, puisque vous qui me lisez êtes tout simplement géniaux, mais j’espère quand même m’en faire quelques-uns de plus de cinq minutes. Par exemple, le soir des danses anglaises traditionnelles, la soirée se poursuivait au centre ville. Mais je ne savais pas où exactement. Résultat : je me suis retrouvé une boîte bien branchée, soit l’endroit où je ne me sens pas à ma place du tout du tout. Deux gros molosses à l’entrée qui t’inspectent de la tête au pied, et tout un tas d’autres trucs cools. Y’avait même un type aux toilettes qui te mettait du savon dans la main, puis qui te donnait l’essuie-tout…et plein de bouteilles de parfum aux chiottes. Dites-moi, c’est courant ce genre de truc ? Non parce-que je suis novice en la matière. Et en plus, je ne pouvais même pas noyer mon mal-être dans l’alcool, la moindre canette de bière coûtant la somme exorbitante de £3,20, soit environ 5€. Et puis j’avais bien revu Max dans le bus, un Allemand rencontré à l’auberge de jeunesse, mais il était en pleine auberge espagnole avec ses huit ou neuf copains colocataires…Faut pas pousser non plus, donc je suis parti au bout de dix minutes. Mais bon voilà, je ne suis pas « in »…bref, je ressens comme prévu les mêmes symptômes que Pauline au début de son périple argentin. J’espère seulement que je ne vais pas m’exclure durablement, voilà tout !

Ah oui, et si j’ai mis une vignette de Friends en numéro 5, c’est aussi car j’ai acheté deux DVD de la série à £0,99 chacun, histoire d’entendre de l’Anglais (de l’Américain) tout en ne produisant qu’un effort cérébral modéré. Vivement que les cours commencent (je ne sais toujours pas quand d’ailleurs…) parce-que je vais trop prendre goût à la glandouille et le choc va être rude.

A l’heure où j’écris cet article, y’a des jeunes Anglais bourrés juste derrière ma porte…Ils découvrent les joies de l’indépendance. Autant dire qu’il ne faudra pas compter sur un sommeil réparateur les vendredis, samedis, et dimanches, car c’est le gros bordel dans la résidence. Dans la cour intérieure sur laquelle donne ma fenêtre, il y en a qui jouent au foot…peut-être refont-ils le matche de Manchester United de cet après-midi, mais à 3 grammes je doute du réalisme dans la reproduction des actions. Je l’ai peut-être déjà dit, mais Owens Park dispose du plus gros bar de toutes les résidences universitaires. Et surtout, LA soirée étudiante hebdomadaire, appelée « BOP ». Elle a lieu tous les vendredis. La première aura lieu exceptionnellement lundi, c’est-à-dire aujourd’hui puisqu’il est 1h40 du matin. J’irai y faire un tour si je trouve quelqu’un avec qui y aller. Uniquement dans un but d’information des lecteurs de ce blog, bien sûr.

  

 

 

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Voici une image de Platt Fields Park, un des plus grands parcs de la ville, et j’ai juste à traverser Wilmslow Road pour m’y rendre. C’est vrai que la pluviométrie relativement élevée de la région (pour l’instant le temps est beau, mais je sais qu’il ne faut pas que je me fasse d’illusions) a l’avantage de bien faire pousser le gazon. J’y suis allé faire un jogging pour évacuer ma haine envers la réceptionniste qui m’avait dit « non » pour les invités, et c’est très joli. Y’a même un petit lac avec des coins-coins dedans.

  

 

 

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Mais que vient donc faire le logo de France-Inter ici ? Non non, ce n’est pas du placement de produit, ni de la pub déguisée…C’est juste que n’ayant pas encore Internet dans ma chambre, je vais souvent à la salle d’ordinateurs histoire de me faire un petit fix. Une dose de Franc Parler par ci, un petit coup du journal de 13h00 par là, et je me sens un peu moins paumé, un peu moins loin de chez moi et de mes petites habitudes…Pire, j’emporte des émissions sur ma clé USB pour les écouter dans ma chambre. Faut que j’arrête de faire ça d’ailleurs, car je ne risque pas d’améliorer mon Anglais de cette façon. Et en plus, ces émissions, ce ne sont que des Là-bas si j’y suis, car ce sont les seules que l’on peut télécharger réellement en MP3, sur un site non-officiel. Et donc écouter cette émission à haute dose, je ne sais pas quelles conséquences psychologiques ça pourrait avoir sur moi…Non mais maintenant ma petite radio remarche, donc je vais me mettre à écouter la BBC, un peu.

  

 

 

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Ceci n’est pas une cabine téléphonique.

  

 

 

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-         « Erasme ? »

-         « Oui ? »

Non c’est encore une réplique de l’Auberge Espagnole. Tout ça pour déjà commencer à remercier les gentils technocrates européens qui ont commencé à faire flotter l’idée, un jour, que les étudiants pourraient bénéficier d’un programme d’échange entre universités européennes…Merci à ce premier non-paper qui a abouti à quelque-chose de très concret, et de très réussi je pense. Mais merci aussi à l’IEP qui a eu l’heureuse idée de virer ses étudiants un an dans leur cursus, pour manque de place (c’est bien vu, je crois que c’est Jérémie qui l’a dit, non ?).

Bon, les prochaines fois j’essaierai de faire moins long et moins chargé de détails, car je conçois que vous n’avez pas que ça à faire…et puis ça suffit de se coucher à 2 heures du mat’. Ah blog, quand tu nous tiens…

Merci à tous pour vos commentaires, ça fait plaisir de vous lire.

  

 

 



1. Pour ceux qui ne connaissent pas Ankel, c’est mon frère. Il est architecte et spécialisé dans l’accessibilité. Or, je crois qu’il ne me contredira pas si je dis qu’avec une grosse valise, on se retrouve, dans une certaine mesure bien sûr, en situation de handicap…

2. J’ai vu ça par hasard en allant sur le site de l’IEP : http://www.sciencespo-toulouse.fr/spip.php?article899 

Par Charlie - Publié dans : charliethefrog
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Samedi 9 septembre 2006

Bonjour à tous ! Je suis bien arrivé à Manchester ce mercredi 6 septembre, et tout va bien. Actuellement je suis dans une auberge de jeunesse ; auberge de jeunesse certes, mais 30€ la nuit tout de même…


Mais commençons par le début. J’ai dormi en tout et pour tout 20 minutes dans la nuit qui précédait mon départ. Ceux qui me connaissent un peu ne seront pas étonnés de savoir que j’ai fait ma valise durant cette nuit, je suis toujours très prévoyant. Nous (ma mère et moi) sommes arrivés à l’aéroport une heure et demie en avance – soit à 5h30 du matin – car en ce moment, pour aller en Angleterre, c’est un minimum. Malheureusement, il y avait un « bug informatique » à l’aéroport. Je ne sais pas s’il concernait l’aéroport dans son ensemble ou bien seulement British Airways, mais cela ne change rien à l’affaire : deux files de personnes attendent devant les guichets d’enregistrement qui ne sont pas encore ouverts. Et la file s’allonge, s’allonge, mais n’avance pas d’un iota. Finalement, on ressort le bon vieux papier pour pallier la panne des écrans, et on avance à petits pas. Une fois le check-in passé, il faut à nouveau faire la queue pour obtenir son billet d’embarquement. Normalement, cette opération se fait en même temps que l’enregistrement, mais là non. Bref, ça merde et nous embarquons dans l’avion avec environ une demie heure de retard sur l’horaire prévu. Le vol est à l’heure du petit déjeuner et comme British Airways n’est pas une compagnie « low cost », on y a droit…Eh bien j’aurais préféré payer mon billet un peu moins cher et me passer de ce magnifique sandwich « sausage & onions ». Mais j’ai faim, donc je le prends, et effectivement, ce n’est pas bon. La gastronomie anglaise n’a pas bonne réputation, donc il ne fallait pas s’attendre à un super English Breakfast dans l’avion non plus…
Bizarrement, plus le temps passe et plus les nuages au-dessus desquels nous volons se font nombreux et s’épaississent. Si bien que malgré ma bonne place côté hublot, je ne profite pas tellement du paysage une fois le survol de l’Angleterre commencé. C’est seulement dans la phase d’approche de l’aéroport de Londres Gatwick que j’aperçois la terre ferme. La différence avec la France est déjà visible : tout est vert, verdoyant même. Arrivé à l’aéroport, je suis les panneaux « flight connections ». Enfin, au début, car après ça se complique un peu. J’arrive devant un panneau qui me propose trois solutions, et je reste perplexe…Je décide donc d’aller aux toilettes pour me donner le temps de la réflexion (intéressant, n’est-ce pas ?). Je choisis une des trois files : « International flight connections » ou un truc dans ce genre. Il s’avèrera très bientôt que j’ai fait un mauvais choix. En effet, voyant l’heure défiler, et la file en serpentin ne pas avancer, je décide courageusement de me renseigner auprès de quelqu’un habilité à renseigner. A un guichet quoi. Il me dit donc que je ne suis pas dans la bonne file, et d’autres choses mais je me fie plutôt à ces indications gestuelles qu’à ce qu’il m’explique car je n’ai rien compris. Je tombe sur un guichet de ma compagnie aérienne, et je refais la queue. Cette fois, elle est très courte, mais n’avance pas du tout. En fait, il y a un gros monsieur qui apparemment n’est pas au courant des restrictions en cours au Royaume-Uni concernant les bagages à main. Il a un sac à dos énorme, et tente vainement de négocier avec le type au guichet. Il enlève un bouquin, puis re-essaye de faire rentrer son sac dans le gabarit, mais c’est sans espoir, même en s’asseyant dessus. Il donne le coussin ergonomique à sa femme, mais ça ne le fait toujours pas. Cette situation aurait pu être très drôle, mais ça ne fait rire personne dans la file, où il semble que je ne sois pas le seul à être pressé.
J’arrive finalement au guichet une fois que le type a compris que c’était « no way ». On m’indique où aller et heureusement c’est juste à côté car je ne comprends toujours pas tout. C’est rassurant. En effet, pour ceux qui ne le sauraient pas, je vais en Angleterre pour suivre des cours en Anglais, et aussi passer les examens sanctionnant ces cours en Anglais. Et quelque-chose me dit que le cours « Making and Implementing Social Policy » risque d’être plus dur à comprendre que quelques indications dans un aéroport. Mais bon, passons, ce n’est pas le propos. Je me dirige donc vers la bonne file, pour faire contrôler ma carte d’identité cette fois. Je montre mon billet à la dame histoire de lui faire comprendre que je suis pommé et à la bourre (il doit me rester environ 5 minutes avant la fermeture de l’enregistrement pour mon second vol vers Manchester). La encore, je ne comprends pas grand chose à cette étrange langue qu’est l’Anglais et je me fie à ses gestes et aux panneaux qu’elle m’a indiqués. Et je commence à courir, et même à courir de plus en plus vite à mesure que je m’aperçois que l’aéroport de Gatwick est relativement grand (en comparaison avec celui de Toulouse Blagnac par exemple). Il faut que je me ré-enregistre pour mon second vol. Et là, c’est le drame. La file n’est pas immense en soi, mais elle l’est si on la replace dans le contexte : l’heure limite d’enregistrement est dépassée d’au moins dix minutes désormais, et cette file avance lentement (c’est le propre d’une file d’attente). Mais je ne suis pas au bout de mes peines, car je vais devoir enlever mes chaussures et ma ceinture pour qu’elles passent au rayons-X. Et là, je dois préciser, car c’est important pour la suite, que lesdites chaussures sont neuves. Pas le temps de faire plus longtemps la queue ou je suis sûr de rater mon vol, donc je double…je déteste faire ça mais je montre mon billet aux gens devant moi et ils comprennent. Je mets donc mon manteau, ma ceinture, mes chaussures, et mon ordinateur portable sur le tapis roulant et je passe sous le portique qui, par chance, ne s’énerve pas en sonnant et en devenant tout rouge. C’est bon, je ne suis pas un terroriste. J’enfile mon manteau en quatrième vitesse, mais mes chaussures résistent…Et dans ces cas là, plus on panique et moins ça marche. Je m’arrache presque les dernières phalanges de l’index et du majeur qui me servent de chausse-pied et je refais mes lacets à l’arrache. Je n’oublie pas mon ordinateur mais je n’essaie même pas de remettre ma ceinture et je la prends à la main. Maintenant je cours comme un dératé vers la porte d’embarquement. J’y arrive, hors d’haleine, transpirant car j’ai mon manteau sur moi pour alléger ma valise qui dépasse déjà le poids autorisé de 300 grammes, et on me demande « Manchester ? » : enfin une question compréhensible. Je réponds « yes », la classe, je sais parler Anglais. Et quelqu’un m’accompagne jusqu’à l’avion par la passerelle. Et là, je peux me tromper, mais j’ai bien cru entendre en même temps que je marchais vers l’avion, « from Toulouse…Manchester…immediately ». Donc je n’ai pas entendu mon nom, mais, gloire à moi, je pense que tout l’aéroport a dû l’entendre. J’arrive finalement dans l’avion environ 5 minutes avant qu’il décolle, comme dans les films vous voyez…Avec tout le monde qui me regarde marcher dans l’allée, grand moment de solitude, je range vite fait mes affaires dans les compartiments, dont ma ceinture que j’ai toujours à la main.
Là, re-petit déjeuner mais mes émotions m’ont coupé l’appétit et c’est tant mieux car la nourriture servie est toujours aussi engageante…Donc je décline l’offre.

Manchester, enfin. Je débarque et vais récupérer mes bagages au tapis roulant. Je ne peux pas rater ma valise, elle est assez énorme. Je l’aperçois qui arrive, et on lui a collée une étiquette « heavy » qui sert je pense à prévenir les gars qui chargent et déchargent les bagages de l’avion qu’ils ne pourront pas la jeter aussi facilement que les autres, comme ils ont l’habitude de le faire. Manque de bol, ce n’est finalement pas la mienne. Mais elle va sortir de derrière ces machins de plastique, c’est sûr, c’est une question de secondes maintenant. Les gens s’en vont peu à peu et je me retrouve vite tout seul, à regarder trois bagages qui font du manège, mais aucune trace de ma valise. Je jette un coup d’œil aux alentours car il y a quelques bagages esseulés mais non, je dois me rendre à l’évidence, ce qui devait arriver arriva, ma valise n’est pas arrivée. Grosse déception. Je vais donc au guichet de British Airways, je commence à avoir l’habitude, et on me fait remplir un formulaire, que je prends le temps de bien remplir. Et je repars donc de l’aéroport bredouille, enfin avec mon ordinateur tout de même. Là-dessus je suis les panneaux « trains, buses, coaches », et je fais la queue pour acheter un billet pour le centre de Manchester. Là j’ai le temps de voir le paysage, et c’est un mélange de campagne, de lotissements à perte de vue et tous identiques, et de friches industrielles. J’arrive à Piccadilly Station (non non, je ne me suis pas planté, je suis bien à Manchester), LA gare de Manchester. Je prends ensuite le métro pour me rapprocher de l’auberge de jeunesse. J’avais imprimé les indications pour m’y rendre mais je me pomme un peu, et il pleut pas mal…Evidemment, mon parapluie, je ne l’ai pas, puisqu’il est dans ma valise et que ma valise est perdue. J’arrive finalement à trouver mon chemin. Malheureusement, je suis arrivé trop tôt, car il est environ 11h30 et que je ne pourrai prendre mes quartiers (ça existe bien comme expression ?) qu’à partir de 14h00. Je suis donc condamné à errer, ce que je fais. Je marche donc, vers le centre ville, et mon ordinateur me pèse…Je mange vite fait un sandwich dans un « Subway », situé dans un quartier d’affaires : gros 4x4 partout, gens pressés, et gros buildings dont certains de verre et d’acier. Je fais encore un tour, et je décide de me rendre à ma future résidence universitaire. Je ne vois pas la fin de « Oxford Road » avec cette sacoche d’ordinateur qui me cisaille l’épaule et la pluie fine, celle qu’on adore…J’y arrive enfin et je vais à la réception pour tenter de leur expliquer que mes bagages sont perdus et que j’ai donné cette adresse pour la livraison. Le monsieur à qui je parle me demande de laisser mon numéro de téléphone pour qu’il puisse me joindre si la valise arrive. Mais mon numéro de portable français ne lui convient pas, malgré les indicatifs. Donc il me donne un numéro et me dit de rappeler moi-même plus tard…super, merci.
Je retourne au centre ville, je ne me souviens plus si j’ai pris le bus cette fois-là ou pas. D’ailleurs, à propos des bus, c’est assez bizarre car il y a je ne sais combien de compagnies différentes dans la ville, dont beaucoup font le même trajet ou quasiment d’après ce que j’ai vu. De la saine concurrence en somme. Puis j’achète dentifrice, rasoirs, gel douche, chaussettes, etc.
Ensuite je retourne à l’auberge de jeunesse pour prendre les clés de ma chambre et « m’installer ». Je suis dans une chambre de quatre, avec un Norvégien, un Anglais, et un je-ne-sais-pas-quoi car je ne l’ai jamais vu.
A l’auberge, une (charmante) Espagnole a eu pitié de me voir tout seul et m’a donc proposé de venir avec elle et un de ses copains de Manchester boire un verre le soir. Ce à quoi je n’ai pas dit non, par politesse bien sûr. Son copain était censé venir en vélo, mais il est finalement venu en voiture. Je les ai donc prévenu que je ne comptais pas rentrer tard. En voiture j’ai eu peur, vous n’allez pas me croire : le gars roulait à gauche…Mais bon, on n’a pas eu d’accident car, encore plus incroyable, ce soir-là, tous les autres roulaient aussi à gauche. Et encore plus dingue, sa voiture avait un défaut de fabrication puisque son volant était à droite. Bref, on est allé boire un coup, et c’est assez cher. Je ne pense pas que je reviendrai de Manchester alcoolique malgré la réputation des Anglais d’une part, à laquelle s’ajoute celle des étudiants Erasmus d’autre part dans ce domaine…Le bar était sympa, spacieux. Mais déjà que je ne comprenais pas grand chose, avec la musique je devais faire répéter sans cesse et souvent j’acquiesçais pour faire semblant que j’avais compris…L’inconvénient de cette technique se fait rapidement sentir, lorsque l’on vous pose une question ouverte, et que vous répondez par un hochement de tête. Mais bon, le ridicule ne tue pas, heureusement. Ensuite ils ont voulu aller dans un autre bar, et j’ai donc choisi de rentrer en bus car je tiens à la vie. J’ai bien dormi.

Le lendemain, jeudi 7, petit déjeuner à l’auberge, puisque c’est compris dans le prix. C’est pas mal du tout : en plus des ingrédients d’un petit déjeuner que nous Français trouverions classiques, il y a des tomates cuites (un peu comme à la provençale je crois, coupées en deux), des champignons, du jambon (genre bacon, je ne m’y connais pas trop…honte à moi je sais), etc. Vrai petit déjeuner britannique, et on s’y fait bien. Il fait très beau, je vous mens pas, et ça fait du bien à mon moral ! Qu’est-ce que j’ai fait ensuite…ma mémoire est tellement performante que je n’arrive pas à me souvenir ce que j’ai fait avant-hier…Ah si, j’ai changé l’adresse de livraison de ma valise étant donné que je n’aurai ma chambre en résidence universitaire que plus tard. C’était d’ailleurs un peu bête de ne pas avoir donné l’adresse de l’auberge de jeunesse directement, je vous l’accorde. Ensuite, retour à Owens Park, ma future résidence donc, pour savoir s’il y aurait possibilité d’emménager le lundi 11 plutôt que le 14 comme prévu dans mon contrat, histoire de ne pas me retrouver à la rue ou à devoir payer un hôtel cher après le 10 (car l’auberge est réservée jusqu’au 10).
 
**pause** Je suis en train de me rendre compte que je vous parle de détails totalement inintéressants pour vous, pauvres lecteurs. Je te félicite donc de m’avoir lu jusque ici, mais comme personne ne le saura, je ne t’en voudrai pas si tu vas directement à la fin…Je suis presque en mode « écriture automatique » alors j’écris comme ça vient, et je conçois que cela puisse être d’un ennui mortel à lire. **fin de la pause**
 
On me dit de faire cette demande par écrit, et qu’il m’en coûtera £8 par nuit. La dame (plus gentille que le monsieur de la veille) me propose de faire ma lettre tout de suite, mais je préfère la faire tranquillement et la porter le lendemain…comme ça ça ressemblera un peu plus à de l’Anglais. Je suis ensuite passé à l’Accommodation Office (bureau du logement) pour payer mon pré-paiement de £150. Il faut savoir que depuis la France, je suis resté accroché 35 minutes à mon téléphone, à écouter de la musique entrecoupée toutes les 30 secondes d’un message du type « please hold the line while we try to connect you » et « sorry, all our operators are busy… » avant d’avoir quelqu’un pour régler ces £150 par carte bancaire. Mais apparemment la transaction n’avait pas marché car l’opératrice avait oublié de me demander la date d’expiration de ma carte bleue. J’ai donc reçu un e-mail me demandant de régler cette somme au plus vite, de quoi me stresser un peu plus pour la journée. Mais bon, maintenant c’est fait. Entre temps, j’ai eu la très heureuse surprise de recevoir un appel d’une réceptionniste de l’auberge de jeunesse me disant que ma valise avait été livrée. Méga OUF de soulagement. Fini cette serviette et ces chaussettes qui peluchent. Le bonheur tient à peu de choses parfois. Je ne préfère même pas imaginer la galère que cela aurait été s’il avait fallu tout racheter…dont l’appareil photo que Perrine m’a prêté.
L’après-midi, je devais assister à l’Accommodation Workshop à l’Université. C’est une sorte de mini-conférence destinée à donner des conseils aux étudiants Erasmus qui vont avoir à se trouver un logement sur place dans le secteur privé. Re-ouf de soulagement après cet exposé, car la tâche s’annonce rude pour ceux qui n’ont pas eu de place en résidence universitaire comme moi, ou ceux qui préfèrent goûter aux joies de la colocation internationale. Certains me disent que la chambre que je vais payer c’est cher. Et objectivement, c’est vrai : £84 la semaine, soit environ 120€. Mais ce prix comprend tout de même les petits déjeuners en semaine ainsi que les repas du soir, donc l’un dans l’autre je pense qu’on s’y retrouve. Et puis je ne veux pas faire mon associable mais partager un appartement avec des gens que je n’aurais pas eu le temps de connaître m’effraie un peu, surtout après avoir entendu le discours de la dame de « Manchester Student Homes », l’organisme qui s’occupe des logements privés pour le compte de l’université. Souvent, les contrats de location ne sont pas individuels mais collectifs. C’est à dire que si l’un des colocs se barre pour une quelconque raison, les autres sont responsables et doivent donc payer sa part, etc. Idem si un mec bourré crame le tapis avec sa clope (l’exemple ne vient pas de moi mais de la conférencière) : la caution dans l’os. Apparemment il faut vraiment que tout soit irréprochable pour espérer récupérer la caution. Il faut prendre des photos de l’appartement avant, puis à la sortie, en prévision d’un éventuel litige ; il arrive qu’un propriétaire cache une tâche ou un trou dans un mur avec un poster et dise que ce défaut n’était pas là avant, donc il faut regarder derrière les posters ; il faut s’assurer que la porte d’entrée comporte bien une serrure cinq points ; l’appartement doit être équipé d’une alarme incendie ; il est fortement recommandé d’avoir un système d’alarme contre les voleurs (la dame racontait qu’un étudiant avait laissé son ordinateur portable sur son bureau cinq minutes et qu’en revenant, il avait disparu, emporté par la fenêtre que le voleur avait brisée…) ; en général les contrats sont de 10 mois minimum sinon ce n’est pas intéressant pour les pauvres propriétaires donc ceux qui restent un semestre comme moi doivent batailler deux fois plus pour trouver quelque-chose ; etc. Donc je suis conscient de la chance que j’aie d’avoir cette place en résidence universitaire, et contrairement à d’autres je n’ai pas hésité une seule seconde avant d’accepter l’offre. Ma résidence est située dans le campus de Fallowfield, au sud de la ville. Environ 20 minutes à pied pour aller à la fac, 30 pour aller dans le centre ville. Apparemment c’est l’une des résidences les plus animées, tout comme le quartier est le plus populaire des quartiers étudiants. Le campus dans sa globalité est gigantesque, c’est une petite ville dans la ville je pense. L’Université de Manchester est née de la fusion de deux universités voisines, et il y en a une autre dans la même zone. Je crois (à vérifier si j’y pense) avoir lu qu’il y avait environ 50000 (dont 5000 internationaux) étudiants à Manchester, mais contrairement à Toulouse où il y a trois lieux bien distincts pour les trois universités, là tout est regroupé. Comme j’étais en avance à cet atelier, j’ai discuté avec Kilian, un Allemand étudiant en physique. Il parle très bien Anglais, en tout cas bien mieux que moi, et un peu Français mais surtout avec un très bon accent. En fait il est fan de Tryo, et comme il a écouté les albums un certain nombre de fois il pense que ça vient de là. Une majorité d’Allemands à cette conférence, qui parlent tous très bien Anglais. Quelques Français : un gars de Biarritz, deux parisiennes, et des IEPiens (étudiants d’Institut d’Etudes Politiques pour les non-initiés) grenoblois. Après la conférence, j’ai retrouvé Jean-Baptiste, un IEPien de Toulouse lui aussi à Manchester, mais pour l’année complète. Ca fait du bien de pouvoir parler un peu Français. On nous informe que le soir une fête est organisée par l’International Office. Ici, il semble que les soirées commencent à 20h00. J’y suis allé avec Max, un autre Allemand qui est dans la même auberge de jeunesse que moi. La soirée n’était pas exceptionnelle, on devait être vingt tout au plus dans une des nombreuses salles du bar réservée pour nous, la DJ déprimait un peu car personne ne dansait et le barman faisait des mots croisés…J’ai fait l’erreur de suivre Max qui a pris un « shooter » (mini-verre pour se mettre en bouche avant d’attaquer les pintes de bière d’après ce que j’ai compris, mais des gens plus familiers que moi avec le monde de la nuit pourront peut-être me renseigner…) avec je sais plus quoi dedans mais surtout du tabasco. Horrible. On est rentrés tôt avec JB (Jean-Baptiste, l’IEPien toulousain), vers 23h00. Puis dodo, mais un nouvel arrivant dans la chambre ronfle comme un camion, c’est impressionnant…Je vous jure, je n’ai jamais entendu quelque-chose d’aussi affreux. Mais j’ai réussi à m’endormir tout de même.

Le lendemain matin, vendredi, quelques courbatures aux jambes à force de marcher d’un bout à l’autre de la ville…Ce jour là je dois faire la lettre pour demander à l’administration d’Owens Park si je peux emménager plus tôt que prévu. Ce que je fais après le petit déjeuner, puis je pars l’imprimer dans un cybercafé. Je vais à Owens Park, il fait encore très beau aujourd’hui, il faut en profiter je pense…Je donne ma lettre, on la lit à peine puis je paie pour les nuits qui n’étaient pas prévues dans mon contrat ; je pourrai donc emménager lundi. Ensuite je vais essayer de me renseigner pour savoir si je peux encore changer les cours prévus dans mon Learning Agreement. Je suis d’abord allé au Student Services Centre, le point d’information central de l’Université. Des guichets très modernes, avec une voix qui t’annonce que tel guichet est libre, un peu comme à la préfecture mais sans les tickets quoi. On m’envoie à la Study Abroad Unit, j’y vais mais je ne comprends pas bien ce qu’on m’explique. Je crois que je dois voir ça avec mon « coordinateur » ou mon « tuteur » mais je ne vois pas vraiment qui sait…Donc j’envoie un mail avec la dame avec qui je corresponds depuis le début à propos des questions concernant Erasmus. Le soir j’ai rendez-vous à 20h00 avec JB pour manger avec lui, mais il n’est toujours pas là après 20 minutes d’attente. Plan B : je vais au point de rendez-vous fixé par un mail collectif envoyé par Kilian, à Piccadilly Gardens, devant la statue. Tous ceux d’hier sont là ou presque. Plus ça va et plus je me rends compte que les Français qui sont là parlent en général moins bien Anglais que les autres…Ce n’est pas pour me chercher une excuse mais je me sens un peu moins seul à galérer. On marche cinq minutes et là on se retrouve dans une espèce de place intérieure très moderne, avec un écran géant, des boutiques, des jeux, des bars, etc. Il y a des potiches habillées en juste au corps jaune et bleu, qui font de la publicité pour la Corona Extra (une bière). Musique à fond, quatre-quatre aux couleurs de la marque, danseurs de hip-hop, etc. Et autour beaucoup de jeunes, voire des gamins, qui prennent des photos avec leurs portables…Bref, assez déplorable comme truc. Un peu plus tard, en rentrant à l’auberge de jeunesse, je croiserai des bouteilles de Corona Extra géantes dans la rue. Non non, je n’étais pas soûl, c’était simplement des personnes déguisées en bouteille de bière, genre les déguisements d’Intervilles mais là, en bouteille de Corona. On va dans un bar, et il y a déjà beaucoup de monde à 20h30 ! Quelques minutes après, le volume de la musique augmente et je ne comprends donc plus rien, on est obligés de se gueuler dans les oreilles pour s’entendre. Et je commence à toucher du doigt ce que Pauline a très bien décrit dans son blog sur la superficialité des rencontres entre étudiants Erasmus. On se dirige vers un autre pub, mais je m’éclipse pour aller manger et rentrer tranquillement. Je m’auto-exclue du groupe mais rassurez-vous je ne suis pas triste du tout ! J’aime marcher seul dans cette nouvelle ville…Il est difficile de trouver un lieu pour manger vers 22h30. Même la salle du Mc-Do est fermée, et je prends deux cheeseburgers à emporter. Je sais, c’est mal, ça enrichit la multinationale américaine et c’est pas bon pour l’environnement et tout et tout…Mais là je n’ai pas trop le choix, et vu que j’ai très faim ça me va. Sur le chemin du retour je m’arrête dans une supérette (beaucoup restent ouvertes très tard le soir) et j’achète des pâtes pour me faire à manger pas cher à l’auberge le lendemain. Je ne voudrais pas alimenter les clichés sur l’Angleterre, puisque je suis (censé être) un sociologue averti, mais je dois dire un mot sur les Anglaises le vendredi soir dans la rue à Manchester. Un certain nombre sont habillées…comment dire, très peu habillées, voilà. Beaucoup de dos nus très nus, limite bikini, et des jupes qui coûtent pas cher en tissu comme dirait l’autre, alors qu’il ne fait pas chaud la nuit. C’était juste un constat, et je me risquerai à une pointe de subjectivité qui n’a pas sa place dans une analyse sociologique mais qui est inévitable : beaucoup étaient très vulgaires.

Bon, je crois que j’ai à peu près fait le tour de ce que j’avais fait pour l’instant. Je mets cet article en ligne depuis un cybercafé et je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures. Je m’excuse de la piètre qualité littéraire de ce texte, c’est écrit à l’arrache, et ce serait mieux si j’avais le temps de faire des efforts mais bon…Vous n’avez qu’à aller voir le blog de Jérémie pour ça et puis c’est tout.
Par Charlie - Publié dans : charliethefrog
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Mercredi 6 septembre 2006

Ca y est, le départ est imminent ! Une année de préparation de cette fameuse "mobilité", une année à se fabriquer des images mentales de cette parenthèse (ou trait d'union plutôt) que constitue la troisième année à l'IEP. Dans cinq petites heures je m'envolerai donc pour Manchester, soit l'inconnu. Je vous l'accorde, ça risque d'être un peu moins dépaysant que la Colombie, l'Argentine, la Chine ou encore la République Tchèque...Mais tout de même, pour un Toulousain pure souche, le changement sera sensible.

Sensible ne serait-ce que par l'écart de température...J'ai ressorti les pulls qui sentent le renfermé des cartons, retrouvé mon parapluie ainsi que mon K-way, alors qu'il faisait 35°C. Il a fallu faire des choix cruels : renoncer à prendre le "Jungle Speed", diviser par deux le nombre de pulls initialement prévu, troquer le rasoir électrique contre le bon vieux mécanique, etc. Tout ça pour résumer sa vie en 23kg.

Les adieux sont faits, et il me tarde maintenant de sauter dans cet inconnu ! Restez connectés, je donnerai de mes nouvelles sur ce blog régulièrement (de temps en temps quoi).

 

 

Par Charlie - Publié dans : charliethefrog
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