Jeudi 14 juin 2007

Un ouïkende y’a pas longtemps, ou plutôt un lundi, j’avais une formation continue de secours en équipe, la révision de l’AFCPSM (pour attestation de formation complémentaire aux premiers secours avec matériel, dans le secourisme, on adore les sigles à rallonge).

Le truc chiant. Utile certes, et même obligatoire pour que je puisse cet été être payé à poser mes fesses sur une chaise et tourner autour d’une piscine municipale de Toulouse, mais chiant. Les formations de secourisme, c’est, d’après ma maigre expérience, un formateur toujours très sympa, des récits d’accidents dont les photos trouveraient leur place en une de Choc lorsque le formateur est pompier, une salle d’école ou un truc du genre avec quelques chaises, et des élèves sympas, mais pressés d’en finir parce que ça-fait-chier-de-se-griller-une-journée-pour-un-putain-de-papier-à-la-c...

Donc rien à voir avec Adriana Karembeu donc, la Croix Rouge le concède d’ailleurs dans sa dernière campagne de comm’…

 

D'ailleurs souvent les associations de secourisme se détestent entre elles. Bref.

En l’occurrence, la plupart des gens présents étaient jeunes, titulaires comme moi du BNSSA (brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique, ça en jette hein ?!) ou du BEESAN (prononcer « bézan’ », les vrais maîtres nageurs).

Comme à chaque formation de secourisme, le programme a changé, on fait plus ça comme-ci, et chacun y va de son petit « ah oui mais moi j’avais pas appris comme ça », etc. Mais loin de moi de critiquer ces changements, les techniques évoluent en fonction des retours provenant du terrain, c’est bien normal. Sachez que désormais, pour un ACR (arrêt cardio-respiratoire), le rythme des compressions thoraciques de la RCP (réanimation cardio-pulmonaire, bien entendu, c’était juste pour me la péter en casant un autre acronyme) a changé ; il n’est plus, pour un adulte, de 15 compressions thoraciques pour 2 insufflations, mais de 30 compressions pour 2 insufflations. C’est toujours bon à savoir, n’est-ce pas ?

Le secourisme, c’est parfois un peu gore, surtout le matin… On parle bras ou doigt coupé, morceau de verre planté, carotide sectionnée… Après le bouche-à-bouche, la bouche-a-nez, le bouche-à-bouche et nez, est apparu le bouche à cou ! Non, ce n’est pas une blague, en fait c’est dans le cas de personnes laryngectomisées. Bon appétit.

Mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin, les cas où le secouriste est dispensé des gestes de secours et de réanimation, soit quand la victime est…morte. Mais vous, pauvre secouriste de base non médecin que vous êtes, n’êtes pas apte à dire si une personne est crevée. Vous devez donc toujours porter secours à une personne en détresse sauf dans trois cas bien précis, qui sont mentionnés dans l’annexe 1 de la circulaire du Ministère de l’Intérieur du 4 février 2007, ayant pour objet le Référentiel national de compétences de sécurité civile relatif à l’unité d’enseignement « Premiers secours en équipe de niveau 1 ». C’est donc on ne peut moins sérieux et officiel. Voici donc les trois cas où vous avez le droit de vous abstenir :

- Une séparation de la tête et du tronc ;
- Une rigidité cadavérique ;
- Un état de putréfaction.

Heureusement, je pense que si je suis amené à intervenir en piscine, je n’aurai pas à exercer ma faculté de jugement pour déterminer si la situation correspond à l’un des trois cas évoqués par la circulaire susmentionnée…

Par Charlie - Publié dans : charliethefrog
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