Je voulais me coucher tôt mais puisque vous insistez, puisque vous n’en pouvez plus de ne pas avoir de mes nouvelles, à tel point que votre sommeil en est perturbé, je vous l’écris votre article…
Pour savoir par ou commencer – épineuse question lorsque l’on découvre de nouvelles choses chaque jour, et qu’il faut bien résumer – je vous propose un schéma.
C’est une sorte de jeu de l’oie, sauf que vous n’avez pas besoin de lancer de dé. Bon, pour être honnête ça m’évite le casse tête de l’organisation des idées…du fameux plan, instrument de torture commun du prof de droit. Et puis de toute façon un blog ce n’est pas une dissertation, et l’iepienus mobiliensis (© Jim) que je suis est encore un peu en vacances…
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Ca y est, lundi 11 j’ai emménagé dans mon palace. Et avec le recul, je ne suis pas mécontent des déboires causés par la perte de mes bagages. Car finalement, je n’ai pas eu à me trimbaler ma valise de 23 kilos (et 300 grammes, volés à British Airways) de l’aéroport à l’auberge de jeunesse. Et vu qu’il pleuvait ce jour là, ça n’aurait pas été une partie de plaisir de tourner en rond une demi-heure avec cette enclume à roulettes. C’est pervers ces petites roues d’ailleurs…au moment de faire ses affaires, on se dit que l’on peut charger à bloc sa valise, ça ira comme sur des roulettes (ah, ah, ah). Mais on ne pense pas à tous ces petits ressauts, ces petites marches à gravir, ces gravillons, ces grands escaliers à gravir, etc. Ah si tous les architectes suivaient les bons conseils d’un certain Ankel1, ce serait beaucoup plus simple. Et oui, malgré les roulettes il va falloir parfois soulever cette satanée valise. Tout ça pour vous dire que cette fois, je n’ai pas hésité à dépenser deux fois 60 pence (£1,20 ou encore 1,80€, ou encore 12 Frs pour ceux à qui ça arrive encore de convertir, comme moi) pour prendre le tram et le bus. En effet, après avoir fait quelques fois le trajet, j’estime le temps nécessaire au parcours du centre-ville vers Owens Park (ma résidence) entre ¾ d’heures bien tassés et une petite heure. Mais ceci à vide, donc à une bonne allure, allure qu’il est beaucoup plus difficile d’adopter avec une enclume, même équipée de roulettes.
Et même en prenant le bus, ça n’a pas été évident. Il faudra que l’on m’explique à quoi sert la barre verticale qui équipe encore certains bus, juste en montant, pile au milieu du passage. Le chauffeur a été sympa, il ne m’a fait payer qu’un ticket pour ma valise et moi. Arrivé à la réception d’Owens Park, je vais récupérer mes clés, assez impatient de voir mon chez-moi des cinq prochains mois. Owens Park est, je crois, la plus grande des nombreuses résidences universitaires de l’Université de Manchester. Il y a en gros trois campus de résidences universitaires. Un très près du centre-ville et de l’Université, un à mi-chemin entre l’Université et le mien, et Fallowfield donc, le plus au sud. Chacun de ces trois campus englobe une dizaine de résidences… Fallowfield est le plus populaire auprès des étudiants, notamment de ceux qui aiment faire la fête. Et dans Fallowfield, Owens Park est la plus grande des résidences, résidence qui compte elle-même plusieurs immeubles. Le mien est petit, deux étages seulement. Ma fenêtre donne sur une cour intérieure et sur la Tower qui compte dix-huit étages. Je suis au deuxième étage, tout près de la cage d’escalier et de la cuisine (cuisine commune à un couloir). L’intérieur est vieillot, mais c’est vraiment pas ça qui me dérangera ! Très important à signaler : je dispose d’un lavabo personnel (ouah !) et surtout d’une prise Ethernet qui devrait me permettre de me connecter gratuitement à Internet et à haut débit à partir de lundi, quand la mise à jour du réseau sera terminée. Actuellement, pour aller sur Internet je vais au Computer cluster, au-dessus de la réception, à 20 mètres de chez moi. Et là, pour ceux qui connaissent la salle d’ordinateurs de l’IEP (c’est déjà pas mal d’en avoir une me direz-vous), cela n’a rien à voir. Il doit y avoir entre cinquante et cent ordinateurs récents, écrans plats et tutti quanti. Et, IEPiens, vous me croirez ou non, mais je puis vous assurer qu’ils marchent tous ! Il faut savoir qu’à l’IEP, lorsque vous entrez dans la salle informatique et qu’il reste un seul ordinateur, cela ne sert à rien d’aller le prendre. C’est qu’il ne marche pas. Bon allez j’arrête ma critique non constructive. Et puis d’ailleurs je viens de voir que tout cela va changer, puisque l’IEP lance un appel public à la concurrence pour « un accompagnement à la gestion du changement2 » : audit, nouvelles solutions de management et tout et tout, ça ne plaisante pas. J’espère qu’ils ne vont pas virer le concierge, car même s’il ne sourit jamais, ce type porte en lui un sentiment de profonde bienveillance envers les étudiants. Du moins c’est mon impression. Mais je m’égare encore, désolé. Trois mois sans IEP et déjà un brin nostalgique, va expliquer ça toi.
J’ai donc enfin pu tout déballer de ma valise et étaler mon bordel un peu partout, du moins dans l’enceinte de ma chambre, soit une dizaine de mètres carrés. La cuisine commune n’a pas de micro-ondes mais un four. Je ne pourrai donc malheureusement pas tester la désormais mondialement connue recette du gâteau au chocolat au micro-ondes de Pauline. Bon, j’avais le temps de tester à Toulouse, certes, mais à Toulouse il y avait Pauline pour le faire…Par contre il y a une super bouilloire, et du coup je bois beaucoup de thé, je m’adapte à la culture locale.
Le gros hic pour l’instant concernant mon logement, c’est la possibilité d’accueillir quelqu’un pour quelques nuits. Quand je dis « quelqu’un » il faut entendre principalement Perrine bien sûr, mais si vous qui me lisez avez l’occasion de venir faire un tour à Manchester, j’aimerais bien pouvoir vous offrir aussi l’hospitalité. Le premier jour j’ai posé la question à la réception, et ça a été on ne peut plus clair comme réponse : « No ». Et j’ai demandé plus tard à un étudiant de l’International Society qui, même s’il avait un peu plus de tact puisqu’il a rajouté « unfortunately », n’a pas démenti. C’est assez dur à avaler…je paie, ou plutôt on me paie une chambre assez cher pour ce que c’est, et je n’aurais même pas le droit d’y faire venir quelqu’un pour quelques nuits. Enfin aujourd’hui dimanche 17 il y a une réunion d’accueil pour les étudiants d’Owens Park, et j’imagine que la question va être encore une fois posée. Si c’est encore non, non et non, je pense que je vais faire une pétition, ou fonder une association, ou engager Jean-Michel Eymeri pour faire du lobbying auprès de la Commission européenne, ou peut-être poser une bombe…il paraît qu’on trouve facilement des recettes de bombe artisanale sur Internet. Ce qui est d’autant plus dur à accepter, c’est que beaucoup d’autres résidences autorisent ces visiteurs. Et que dans le guide du campus de Fallowfield, il est dit que chaque hall a ses propres règles concernant ces invités, mais en aucun cas qu’ils ne sont pas autorisés. Bref, c’est emmerdant. Qui plus est ici les hôtels sont très chers.
Les premiers jours à la résidence étaient un peu bizarres, car c’était le désert. Je pense que j’étais carrément tout seul dans mon immeuble…De grands couloirs tout vides. Mais depuis jeudi, date où commençaient la plupart des contrats, ça a changé, c’est un défilé permanent de jeunes avec leurs parents, trimballant leurs affaires jusque dans leur chambre…
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Une fois installé, le besoin de certains biens de consommation courante se fait sentir. Au premier rang desquels une couverture pour le lit. Je suis donc allé faire mes courses au centre-ville. Manchester est la ville rêvée pour ceux qui aiment faire du shopping…il y a un quartier commercial assez énorme, toujours très fréquenté, particulièrement les samedis et dimanches où il est difficile de se frayer un chemin entre les consommateurs ! Pour m’acheter draps, couette, oreillers etc. je suis allé chez Primark. Je ne crois pas que ça existe en France. Je dirais que c’est dans la même gamme que C&A, donc ça me va. C’est peut-être même moins cher…pour une fois que je trouve quelque-chose de moins cher ici, il faut le signaler. Dommage que ma valise soit archi-pleine sinon j’aurais peut-être acheté quelques vêtements. J’ai trouvé un ensemble pour un lit simple à £12, ce qui est raisonnable j’imagine. Bon, le lendemain j’ai dû y retourner pour acheter drap housse, housse de couette et taie d’oreiller…Oui car ceux qui étaient inclus dans le pack étaient vraiment très inconfortables…D’accord j’ai l’air de faire ma chochotte. Non mais ce n’était vraiment pas agréable : j’avais l’impression de dormir sur une mince couche de polystyrène (c’était du 100% polyester, mais un polyester de très mauvaise qualité j’imagine). Et du polystyrène sur du polystyrène, ça glisse bien. Donc ma couette n’arrêtait pas de glisser sur les côtés et c’est très énervant.
Etant donné que les repas ne commençaient à être servis qu’à partir du 14, j’ai aussi dû acheter de quoi subsister. Pain complet, confiture, thé, et plats cuisinés à faire réchauffer au four. Et le 14, les repas à la résidence débutaient. J’ai raté le petit déjeuner, je me suis levé trop tard…Il a donc fallu attendre le soir pour enfin expérimenter ce qu’allait être la cuisine anglaise en collectivité. Et pour ce premier repas, les cuisiniers ont eu la délicatesse de ne pas nous servir de plats typiquement Anglais. J’ai pris du poulet avec du riz, accompagné d’une sauce très épicée, pas mauvais du tout ma fois. Le lendemain matin, le petit déjeuner ressemblait plus à…quelque-chose de différent de ce dont nous avons l’habitude en France. Je ne me souviens plus de tout ce qu’il y avait, mais entre autres des œufs brouillés, du bacon, des haricots, des beignets de pomme de terre, et un truc bizarre que je n’ai pas osé tester, pour l’instant. Vu la tête qu’ont fait Marina (allemande) et Riikka (finlandaise) à la première cuillère de cette mixture blanche avec des grains de je ne sais quoi dedans, j’ai peut-être bien fait de ne pas goûter dès le premier breakfast. Vendredi soir par contre, il y avait un dessert qui ressemblait bien à un truc Anglais, du moins dans mon imaginaire. Des morceaux d’ananas pris dans une gelée rouge…la chose tremble dans la petite cuillère, à tel point que tu te demandes si ça ne va pas te sauter dessus. C’est vivant ou quoi ? La même chose que dans Jurassic Park, mais en rouge. J’ai principalement mangé les morceaux d’ananas, je n’ai pu venir à bout de l’agglomérant. Un goût genre fraise chimique, avec une consistance indescriptible, vraiment écœurant au bout de la troisième cuillère.
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Vous connaissez peut-être le dessin animé « Le Bus Magique ». Bon, c’est un dessin animé pas très vieux je pense, et dont la qualité n’a rien de comparable avec celle d’un dessin animé comme Bob l’Eponge par exemple, donc je ne vous en veux pas si ça ne vous dit rien. Mais sachez qu’à Manchester, le bus magique existe vraiment, et il y en a même plein ! En fait, « Magic Bus » est une compagnie parmi la demi-douzaine en service dans Manchester. Lorsqu’on parle de la libre concurrence, des théories néo-libérales etc., je pense que le réseau de bus de la ville de Manchester constitue un beau cas pratique. Il pourrait figurer dans la Varian à mon avis. Je n’ai pas assez bien intégré la théorie de l’Homo oeconomicus, si chère à Jean-Louis Guy, ni assez de recul pour évaluer l’efficacité de cette concurrence. Toujours est-il que c’est un peu déroutant au début. Je crois que je l’ai déjà dit dans un article précédent, mais une même ligne de bus est assurée par plusieurs compagnies. Vous ne payez pas forcément le même tarif pour le même trajet selon la compagnie que vous empruntez. Lors d’une des conférences dispensée pour les étudiants internationaux, on nous a dit qu’Oxford Road (la rue principale qui passe dans la fac) était l’une, sinon l’avenue la plus fréquentée par les bus en Europe. Je veux bien le croire…Les bus se suivent, se doublent, et grillent allègrement les feux rouges. Très sérieusement, pour un économiste, voire pour un mémoire d’IEPien de quatrième année, je suis sûr qu’il serait intéressant d’analyser ce réseau : fixation de la tarification, exigences du service public, externalités négatives de la pollution pour les piétons, etc. Il y aurait beaucoup de choses à dire. Jusqu’à maintenant, j’emprunte principalement le moyen de transport gratuit et non polluant constitué par mes jambes. Mais je crois que je vais devoir me lancer dans une étude comparative du marché et investir dans un ticket mensuel ou semestriel. Car pour l’instant, il fait plutôt beau (si si, je le jure), je ne suis pas trop pressé vu que mes cours n’ont pas commencé, et je suis encore dans une phase d’exploration. Mais quand il fera nuit à quatre heures dans quelques semaines, que j’aurai des cours où il faut être à l’heure et encore plus à l’heure qu’ailleurs (ils ont beaucoup insisté là-dessus, le cliché des Britanniques très pointilleux sur les horaires semble être vrai), et que les températures auront sensiblement chuté, je pense que j’en aurai marre de n’avoir que mes pieds pour me déplacer. J’essaie de surveiller de près mes dépenses, mais là ça me semble nécessaire.
Manchester a la réputation d’être une ville très « cosmopolite ». Et quand on va à l’Université depuis Fallowfield, une partie du chemin est là pour illustrer ce « melting pot » ou « salad bowl », au choix. C’est une rue très animée, et remplie d’épiceries, de restaurants, et de petits magasins qui vendent un peu de tout. Il n’y a aucune uniformité, chacun a son enseigne lumineuse collée à celle du voisin, le kebab à côté de la bijouterie indienne, etc. Mais ce n’est pas « artificiel » ici…enfin je veux dire ce n’est pas comme à Toulouse par exemple où on va aussi trouver des restaurants de pays différents juste à côté les uns des autres. Là on sent que le quartier est vraiment imprégné et construit par toutes ces identités. Les magasins et les restaurants sont des affaires familiales je pense, et beaucoup habitent dans le quartier même. Par contre je m’aperçois que c’est vraiment la rue des tentations lorsque l’on a faim…toutes les odeurs de cuisine vous excitent les papilles, c’est terrible. Tout ça pour aller au Lidl quelques centaines de mètres après, acheter un plat cuisiné pas cher et aller se le faire réchauffer à la résidence, en reprenant cette rue dans l’autre sens pour bien remuer le couteau dans la plaie.
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Quelques mots sur l’Université de Manchester. C’est une très, très grande université en termes de nombre d’étudiants. Tous les chiffres que j’ai entendus oscillent entre 50000 et 80000 étudiants, même si ce chiffre englobe les étudiants de l’autre université de Manchester (Manchester Metropolitan University je crois), ce qui fait du campus de Manchester le plus grand regroupement d’étudiants d’Europe. Depuis vendredi 15 a commencé l’Orientation Programme : des conférences d’informations pour les étudiants internationaux ainsi que des « Social events ». Patati patata des directeurs de machin et trucs, suivis de quelques blabla, et au milieu quelques informations utiles. Non j’exagère, car l’accueil est vraiment chaleureux, on est vraiment bichonnés. L’Université se fixe comme objectif d’être dans le « top 25 » des universités mondiales et dans les six meilleures du Royaume-Uni. J’avoue que je n’en ai strictement rien à faire. Et d’ailleurs, j’aimerais bien savoir qui fait, et comment sont faits ces pseudo-classements…
Le vendredi 15 il fallait choisir à quel Social event on voulait participer. Soit choisir entre tango ou danse traditionnelle anglaise. J’ai choisi la seconde option, sans grande conviction je dois dire…Mais finalement c’était très sympathique. Deux musiciens sur une petite scène, et deux personnes qui expliquaient les danses. Une grosse dame brune, et un monsieur avec des cheveux gris et longs derrière, et surtout un petit bedon comme s’il était enceinte…comment dire, ils accordaient je pense peu d’importance à leur apparence physique. Très sympathiques, même si je n’ai compris aucune de leurs blagues…Les danses restaient assez basiques du point de vue technique, heureusement. J’ai donc très mal dansé, mais j’ai dansé et je me suis bien amusé. Je pense à ma maman car ça ressemblait en de nombreux points à un bal occitan. Il y a vraiment des étudiants de tous les pays, et j’ai déjà échangé quelques mots avec des Allemands, des Espagnols, Italiens, un Roumain, des Finlandaises, une Estonienne, des Américains, une Turque, des Indiens, …et j’en oublie certainement. Bon, quand je dis que j’ai échangé quelques mots, c’est souvent au maximum. En général ça ne va pas beaucoup plus loin que d’où viens-tu, qu’est-ce que tu étudies, et combien de temps tu restes. Souvent aussi on me dit : « Ah oui, la France, j’y suis déjà allé, ici et là, c’était très joli… ». Vous serez certainement très heureux de savoir que le chauffeur de notre tour de Manchester en bus (une autre activité de l’Orientation Programme) a été en vacances au bord du Canal du Midi, depuis Carcassonne jusqu’à Montpellier, et qu’il a trouvé la région très jolie…innit ? Je dis « innit » car cela fait partie du dialecte des « Mancunian ». En effet, les gens qui ont l’accent du coin mettent « innit » à la fin de n’importe quelle phrase. « Innit » est la contraction d’ « isn’t it ». On a eu un mini-cours d’expressions ou d’accent local, c’était marrant. Par exemple ils prononcent – et je peux confirmer – « Ayoh » pour « Hi ! ». Et d’autres petits trucs comme ça…Il y a une habitude langagière à laquelle je n’ai malheureusement pas encore eu la chance d’être initié, c’est de dire « love » pour appeler quelqu’un que l’on ne connaît pas. Par exemple à un client dans un magasin on peut dire « Thanks, love ». Marrant je trouve.
Pour en revenir à l’Université, tout est extrêmement bien organisé…on se voit remettre un guide en couleur papier glacé sur chaque sujet : Arrival Guide, Crucial Guide, Orientation Guide, Sport and Fitness Guide, Internet Services Guide, etc. Il y a des réunions sur des sujets très précis : Health and wellbeing, Community policing and personnal security, Academic crimes (ça concerne les problèmes de tricherie aux examens et de plagiat)…Tout ceci gratuitement. Du moins pour les étudiants Erasmus, et c’est là l’énorme avantage du programme lorsque l’on va en Angleterre : on ne paie pas les « tuition fees ». Donc je profite de tout ceci aux frais des autres étudiants, et des contribuables européens. Heureusement d’ailleurs que je ne paie pas ces frais pour aller à l’université, car je n’aurais pas pu aller en Angleterre dans le cas contraire. Le budget est déjà conséquent, notamment en raison du prix du logement. Mais pour les autres étudiants, il faut débourser entre £3000 et £20000 par année d’étude. Voilà donc le pourquoi du comment des superbes équipements, et de la très bonne organisation. Les étudiants s’endettent donc, et peuvent rembourser lorsqu’ils gagnent une certaine somme d’argent par mois. Les études, ça peut se voir comme un investissement pour l’avenir. Sauf qu’ici, il faut prendre « investissement » au pied de la lettre, au sens financier du terme. Je ne devrais pas me livrer à des considérations à l’emporte pièce sur les profils sociaux des étudiants…c’est pas bien ! Mais bon, en gros, j’ai pas vu beaucoup de pauvres dans le coin. Je ne me fais pas d’illusions sur le système français non plus…je sais que nous sommes des privilégiés en tant qu’étudiants de l’enseignement supérieur. Mais les frais d’inscription des universités n’ont rien de commun avec ceux que paient les étudiants britanniques, et je pense que les écarts sociaux sont exacerbés du même coup. Car s’endetter c’est bien beau, mais il faut souvent avoir tout de même les moyens de s’endetter il me semble…aussi paradoxal que cela puisse paraître. Je m’égare encore, et je me rends compte que je dis des banalités, mais c’est pas grave. J’ai l’habitude d’en mettre dans les copies d’examens.
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Dans cet environnement tout nouveau tout beau, et où l’on crée même des événements pour ça, il est très facile de se faire de nouveaux amis. Et effectivement, j’ai eu mille occasions de rencontrer des gens. Mais pour l’instant, rien de très concluant…Et du coup je me retrouve un peu tout seul des fois, mais bon, je ne désespère pas de trouver de bons amis. En marchant le long de Wilmslow Road (ça le fait comme début de phrase, les noms en Anglais ça en jette je trouve), alors que je revenais de Lidl (là ça le fait beaucoup moins de suite), je me disais que tôt ou tard, je me retrouverai bien dans un groupe, ou avec quelqu’un qui me ressemble, ou avec qui le courant passe. Bon, certes je ne trouverai jamais des amis de la qualité de ceux que je me suis fait à Toulouse, puisque vous qui me lisez êtes tout simplement géniaux, mais j’espère quand même m’en faire quelques-uns de plus de cinq minutes. Par exemple, le soir des danses anglaises traditionnelles, la soirée se poursuivait au centre ville. Mais je ne savais pas où exactement. Résultat : je me suis retrouvé une boîte bien branchée, soit l’endroit où je ne me sens pas à ma place du tout du tout. Deux gros molosses à l’entrée qui t’inspectent de la tête au pied, et tout un tas d’autres trucs cools. Y’avait même un type aux toilettes qui te mettait du savon dans la main, puis qui te donnait l’essuie-tout…et plein de bouteilles de parfum aux chiottes. Dites-moi, c’est courant ce genre de truc ? Non parce-que je suis novice en la matière. Et en plus, je ne pouvais même pas noyer mon mal-être dans l’alcool, la moindre canette de bière coûtant la somme exorbitante de £3,20, soit environ 5€. Et puis j’avais bien revu Max dans le bus, un Allemand rencontré à l’auberge de jeunesse, mais il était en pleine auberge espagnole avec ses huit ou neuf copains colocataires…Faut pas pousser non plus, donc je suis parti au bout de dix minutes. Mais bon voilà, je ne suis pas « in »…bref, je ressens comme prévu les mêmes symptômes que Pauline au début de son périple argentin. J’espère seulement que je ne vais pas m’exclure durablement, voilà tout !
Ah oui, et si j’ai mis une vignette de Friends en numéro 5, c’est aussi car j’ai acheté deux DVD de la série à £0,99 chacun, histoire d’entendre de l’Anglais (de l’Américain) tout en ne produisant qu’un effort cérébral modéré. Vivement que les cours commencent (je ne sais toujours pas quand d’ailleurs…) parce-que je vais trop prendre goût à la glandouille et le choc va être rude.
A l’heure où j’écris cet article, y’a des jeunes Anglais bourrés juste derrière ma porte…Ils découvrent les joies de l’indépendance. Autant dire qu’il ne faudra pas compter sur un sommeil réparateur les vendredis, samedis, et dimanches, car c’est le gros bordel dans la résidence. Dans la cour intérieure sur laquelle donne ma fenêtre, il y en a qui jouent au foot…peut-être refont-ils le matche de Manchester United de cet après-midi, mais à 3 grammes je doute du réalisme dans la reproduction des actions. Je l’ai peut-être déjà dit, mais Owens Park dispose du plus gros bar de toutes les résidences universitaires. Et surtout, LA soirée étudiante hebdomadaire, appelée « BOP ». Elle a lieu tous les vendredis. La première aura lieu exceptionnellement lundi, c’est-à-dire aujourd’hui puisqu’il est 1h40 du matin. J’irai y faire un tour si je trouve quelqu’un avec qui y aller. Uniquement dans un but d’information des lecteurs de ce blog, bien sûr.
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Voici une image de Platt Fields Park, un des plus grands parcs de la ville, et j’ai juste à traverser Wilmslow Road pour m’y rendre. C’est vrai que la pluviométrie relativement élevée de la région (pour l’instant le temps est beau, mais je sais qu’il ne faut pas que je me fasse d’illusions) a l’avantage de bien faire pousser le gazon. J’y suis allé faire un jogging pour évacuer ma haine envers la réceptionniste qui m’avait dit « non » pour les invités, et c’est très joli. Y’a même un petit lac avec des coins-coins dedans.
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Mais que vient donc faire le logo de France-Inter ici ? Non non, ce n’est pas du placement de produit, ni de la pub déguisée…C’est juste que n’ayant pas encore Internet dans ma chambre, je vais souvent à la salle d’ordinateurs histoire de me faire un petit fix. Une dose de Franc Parler par ci, un petit coup du journal de 13h00 par là, et je me sens un peu moins paumé, un peu moins loin de chez moi et de mes petites habitudes…Pire, j’emporte des émissions sur ma clé USB pour les écouter dans ma chambre. Faut que j’arrête de faire ça d’ailleurs, car je ne risque pas d’améliorer mon Anglais de cette façon. Et en plus, ces émissions, ce ne sont que des Là-bas si j’y suis, car ce sont les seules que l’on peut télécharger réellement en MP3, sur un site non-officiel. Et donc écouter cette émission à haute dose, je ne sais pas quelles conséquences psychologiques ça pourrait avoir sur moi…Non mais maintenant ma petite radio remarche, donc je vais me mettre à écouter la BBC, un peu.
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Ceci n’est pas une cabine téléphonique.
9
- « Erasme ? »
- « Oui ? »
Non c’est encore une réplique de l’Auberge Espagnole. Tout ça pour déjà commencer à remercier les gentils technocrates européens qui ont commencé à faire flotter l’idée, un jour, que les étudiants pourraient bénéficier d’un programme d’échange entre universités européennes…Merci à ce premier non-paper qui a abouti à quelque-chose de très concret, et de très réussi je pense. Mais merci aussi à l’IEP qui a eu l’heureuse idée de virer ses étudiants un an dans leur cursus, pour manque de place (c’est bien vu, je crois que c’est Jérémie qui l’a dit, non ?).
Bon, les prochaines fois j’essaierai de faire moins long et moins chargé de détails, car je conçois que vous n’avez pas que ça à faire…et puis ça suffit de se coucher à 2 heures du mat’. Ah blog, quand tu nous tiens…
Merci à tous pour vos commentaires, ça fait plaisir de vous lire.
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